20,96 °C : l'océan n'a jamais été aussi chaud et ce nouveau record inquiète les scientifiques
La température des océans extrapolaires a battu un record absolu en juillet 2026 selon le service européen Copernicus. Ce pic thermique coïncide avec le retour d'El Niño dans le Pacifique tropical..
Le 13 août 2026, les scientifiques ont enregistré une température moyenne de 20,96 °C à la surface des océans, un niveau jamais atteint depuis le début des mesures. Cette valeur dépasse de 0,01 °C le précédent record établi en mars 2016. Les océans couvrent environ 71 % de la surface terrestre et jouent un rôle crucial dans la régulation du climat en absorbant une grande partie de la chaleur excédentaire causée par les activités humaines. Une température aussi élevée est préoccupante car elle peut perturber les écosystèmes marins, accélérer la fonte des glaces et intensifier les phénomènes météorologiques extrêmes comme les ouragans ou les canicules.
Une hausse des températures océaniques menace directement la biodiversité marine. Les coraux, par exemple, sont particulièrement sensibles aux variations de température : un réchauffement même modéré peut provoquer leur blanchiment, un phénomène où ils expulsent les algues symbiotiques qui les nourrissent et perdent leurs couleurs vives. Sans ces algues, les coraux meurent de faim et blanchissent, ce qui fragilise tout l'écosystème récifal. D'autres espèces, comme les poissons ou les mammifères marins, voient aussi leurs habitats se dégrader. Les scientifiques soulignent que ces changements pourraient avoir des répercussions sur les pêcheries, menaçant ainsi la sécurité alimentaire de millions de personnes.
Les océans absorbent plus de 90 % de l'excès de chaleur généré par le réchauffement climatique. Lorsque leur température augmente, leur capacité à stocker cette chaleur diminue, ce qui peut amplifier le réchauffement global. Par exemple, une eau plus chaude favorise l'évaporation, augmentant l'humidité dans l'atmosphère et intensifiant les précipitations dans certaines régions. À l'inverse, d'autres zones pourraient subir des sécheresses plus sévères. Les scientifiques craignent que ce cercle vicieux ne s'accélère, rendant les phénomènes climatiques extrêmes plus fréquents et plus intenses, comme les cyclones ou les vagues de chaleur.
Les émissions de gaz à effet de serre (GES), principalement le dioxyde de carbone (CO₂) issu de la combustion des énergies fossiles (charbon, pétrole, gaz), sont la principale cause du réchauffement des océans. Depuis l'ère industrielle, la concentration de CO₂ dans l'atmosphère a augmenté de plus de 50 %, passant de 280 parties par million (ppm) à plus de 420 ppm aujourd'hui. Les océans absorbent environ 30 % de ce CO₂, ce qui acidifie leurs eaux et perturbe la vie marine, notamment les organismes à coquille calcaire comme les mollusques ou le plancton. Les politiques de réduction des émissions, comme l'Accord de Paris, visent à limiter ce phénomène, mais les résultats tardent à se concrétiser.
Les chercheurs, comme ceux du *Copernicus Marine Service* (un programme européen de surveillance des océans), tirent la sonnette d'alarme face à ce nouveau record. Ils rappellent que les océans ne sont pas une ressource inépuisable et que leur dégradation a des conséquences directes sur les sociétés humaines. Par exemple, la pêche représente une source majeure de protéines pour des milliards de personnes, tandis que les récifs coralliens protègent les côtes des tempêtes. Sans action urgente, les coûts économiques et humains pourraient devenir ingérables, avec des migrations massives liées à la montée des eaux ou à la disparition de ressources alimentaires.

