☕️ Capgemini vend sa filiale états-unienne prestataire de la police de l’immigration
Capgemini a finalement coupé les ponts avec l’ICE, la tristement célèbre police de l’immigration des États-Unis. Le groupe français a en effet annoncé le 12 septembre dernier la signature d’un accord de vente définitif de sa filiale états-unienne spécialisée dans les contrats gouvernementaux, Capgemini Government Solutions.
Le groupe français Capgemini a annoncé le 12 septembre 2026 la vente de sa filiale américaine Capgemini Government Solutions (CGS), spécialisée dans les contrats gouvernementaux aux États-Unis. Cette décision intervient après des révélations de presse sur les activités de CGS, notamment des contrats avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), la police de l’immigration américaine. L’accord de vente a été signé avec ITC Federal, une entreprise américaine fournissant des services numériques aux agences fédérales de sécurité intérieure et de défense. La transaction devrait être finalisée dans les prochaines semaines. Le montant de la vente n’a pas été disclosed. Selon Capgemini, CGS représentait 0,4 % du chiffre d’affaires global du groupe en 2025 et moins de 2 % de son chiffre d’affaires aux États-Unis.
Les activités de Capgemini Government Solutions (CGS) étaient particulièrement controversées. La filiale avait remporté des contrats avec l’ICE (Immigration and Customs Enforcement), une agence fédérale américaine chargée de l’application des lois sur l’immigration. Parmi ces contrats figurait une prestation d’identification et de localisation de personnes recherchées par l’ICE. Pour cela, CGS croisait des données publiques et privées collectées en ligne, comme des informations issues des réseaux sociaux ou des bases de données commerciales. Ces missions ont suscité l’indignation de plusieurs syndicats représentant les employés de Capgemini, qui les jugeaient incompatibles avec les valeurs éthiques du groupe. Ces révélations ont poussé Capgemini à engager un processus de vente de sa filiale en début d’année 2026.
Les contrats de CGS avec l’ICE ont provoqué des tensions internes chez Capgemini. Plusieurs syndicats ont critiqué ces missions, estimant qu’elles violaient les principes éthiques du groupe. Ces critiques ont mis en lumière un conflit entre les valeurs affichées par Capgemini et les activités réelles de sa filiale américaine. La décision de vendre CGS peut être interprétée comme une réponse à ces pressions internes et externes, visant à aligner les activités du groupe avec ses engagements éthiques. Cependant, le processus de vente a été engagé avant ces révélations, suggérant que d’autres facteurs, comme des risques juridiques ou financiers, ont pu jouer un rôle.
Cette vente s’inscrit dans un contexte où les entreprises technologiques sont de plus en plus scrutées pour leur implication dans des projets gouvernementaux controversés, notamment ceux liés à la surveillance ou à la répression. Aux États-Unis, l’*ICE* est une agence souvent critiquée pour ses méthodes, notamment dans la gestion de l’immigration. En France, Capgemini est un acteur majeur du secteur des services informatiques, mais cette affaire rappelle les débats sur l’éthique des entreprises dans leur collaboration avec les pouvoirs publics. La transaction avec *ITC Federal* marque une rupture pour Capgemini, qui se recentre ainsi sur des activités moins sensibles sur le plan éthique.

