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Les engagements de l’accord de Kunming-Montréal sur la protection de la nature prennent du retard

Le Devoir · mis à jour il y a 2 h

Les États ne sont pas en voie de protéger 30% des terres et des océans d’ici à 2030, dénoncent des militants du climat..

Accord de Kunming-Montréal

L’accord de Kunming-Montréal est un traité international signé en décembre 2022 lors de la COP15 à Montréal, souvent comparé à l’accord de Paris sur le climat. Il vise à protéger la nature en établissant des objectifs concrets pour les États. Parmi ces objectifs figure l’engagement « 30x30 », qui prévoit de protéger 30 % des terres et des océans d’ici 2030. Cet accord est encadré par la Convention sur la diversité biologique (CDB), un traité des Nations unies signé par 196 pays, mais pas par les États-Unis. La CDB fixe des objectifs mondiaux pour la protection de la biodiversité et suit leur mise en œuvre. Cependant, selon un rapport publié par les organisations Campaign for Nature et Together for the Ocean, les États peinent à respecter leurs engagements.

Retard sur l'objectif 30x30

Les États ne sont pas sur la bonne voie pour atteindre l’objectif « 30x30 ». Actuellement, environ 20 % des terres et des eaux intérieures sont protégés, un chiffre qui pourrait atteindre 27 % d’ici 2030 si les engagements sont tenus. En revanche, la protection des océans est particulièrement en retard : seulement 10 % des océans sont aujourd’hui protégés, un niveau qui ne devrait augmenter qu’à 12 % d’ici 2030 selon les projections. Ces retards sont dénoncés par des militants du climat et des associations de défense de la nature, qui soulignent que les progrès ne sont pas assez rapides. Le rapport souligne que les gouvernements ont déjà prouvé leur capacité à agir vite, mais que l’action collective reste insuffisante pour atteindre les cibles fixées.

COP17 : bilan et enjeux

La COP17, qui se tiendra en Arménie du 19 au 30 octobre 2023, est le prochain sommet international dédié à la biodiversité. Elle permettra aux États de faire un point sur les progrès réalisés depuis l’adoption de l’accord de Kunming-Montréal. Ce sommet est crucial, car il doit évaluer si les engagements pris sont tenus et négocier des mesures supplémentaires pour combler les retards. La Convention sur la diversité biologique (CDB) a déjà alerté en septembre 2023 sur le fait que les pays n’étaient pas en voie d’atteindre leurs objectifs. Le président français Emmanuel Macron a réaffirmé lors de l’ONU que l’accord devait être mis en œuvre, mais les défis restent nombreux.

Financement insuffisant

L’un des principaux obstacles à la réalisation de l’objectif « 30x30 » est le déficit de financement. Pour protéger 30 % des terres et des océans, les États devraient investir entre 100 et 180 milliards de dollars par an, alors que les dépenses actuelles s’élèvent à environ 24 milliards de dollars. Le rapport souligne que le manque de fonds est particulièrement marqué pour les océans, où 16 milliards de dollars seraient nécessaires chaque année, contre seulement 1,8 milliard de dollars dépensés aujourd’hui. Pour combler ce déficit, les auteurs du rapport appellent à des engagements financiers plus importants de la part des gouvernements, mais aussi à des contributions du secteur privé, notamment des entreprises polluantes comme celles des secteurs des énergies fossiles et des mines.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les retards, l’objectif « 30x30 » reste **réalisable**, selon **Brian O’Donnell**, directeur de *Campaign for Nature*. Il cite des exemples de pays ayant récemment étendu leurs zones protégées, comme la **France**, l’**Australie**, le **Costa Rica**, **Oman** et l’**Afrique du Sud**. Pour accélérer les progrès, O’Donnell propose que les États puisent davantage dans leurs budgets nationaux et légifèrent pour obliger les industries polluantes à contribuer financièrement à la conservation. Il insiste aussi sur la nécessité d’un soutien accru aux **pays en développement**, souvent les plus touchés par la perte de biodiversité mais les moins capables de financer ces mesures. La COP17 sera l’occasion de discuter de ces solutions et de renforcer les engagements.

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