Les engagements de l’accord de Kunming-Montréal sur la protection de la nature prennent du retard
Deux ans après l’adoption de l’accord de Kunming-Montréal, considéré comme l’équivalent pour la biodiversité de l’accord de Paris sur le climat, les États peinent à concrétiser leurs engagements. Malgré des avancées partielles, notamment sur les terres, l’objectif de protéger 30 % des écosystèmes terrestres et marins d’ici 2030 reste hors de portée, en raison d’un financement insuffisant et d’un déséquilibre persistant entre ambitions et réalisations.
Quels sont les principaux écarts constatés par rapport aux objectifs fixés dans l’accord de Kunming-Montréal ?
Les États ne protègent actuellement que 20 % des terres et eaux intérieures, et seulement 10 % des océans, alors que l’objectif « 30x30 » vise 30 % d’ici 2030. Même en supposant un respect intégral des engagements actuels, la couverture ne dépasserait que 27 % pour les terres, et resterait à 12 % pour les océans, bien en deçà des cibles fixées.
Quels acteurs sont pointés du doigt pour le retard accumulé, et pourquoi ?
Les gouvernements sont critiqués pour leur manque d’actions concrètes, malgré des engagements pris lors de la COP15 à Montréal en 2022. Le rapport souligne notamment un déficit de financement, avec des besoins annuels estimés entre 100 et 180 milliards de dollars, alors que les dépenses actuelles s’élèvent à environ 24 milliards, et seulement 1,8 milliard pour les océans.
Pourquoi la protection des océans est-elle particulièrement en retard par rapport aux objectifs ?
Le financement dédié à la conservation marine est dérisoire : environ 16 milliards de dollars seraient nécessaires chaque année, mais seulement 1,8 milliard est actuellement dépensé. Cette sous-financement s’explique par l’absence de mécanismes contraignants et la réticence des États à puiser dans leurs budgets ou à légiférer pour impliquer les industries polluantes.
Ce que ça pourrait changer
L’échec à atteindre les objectifs « 30x30 » pourrait aggraver la crise de la biodiversité, avec des conséquences en cascade sur les écosystèmes, les services qu’ils rendent à l’humanité et les efforts climatiques. Les prochaines négociations lors de la COP17 en Arménie seront cruciales pour relancer les financements et renforcer les engagements, sous peine de voir l’accord de Kunming-Montréal devenir un simple catalogue de bonnes intentions sans impact réel.

