Licenciements chez Stelco : Ottawa refuse de céder face à Cleveland-Cliffs
Ottawa examine la lettre reçue de Cleveland-Cliffs et demeure déterminé à leur faire respecter leurs engagements..
En octobre 2026, l'aciérie Stelco située à Hamilton, en Ontario, procède à des licenciements massifs malgré l'opposition du gouvernement canadien. Depuis 2024, Stelco est propiedad de Cleveland-Cliffs, une entreprise sidérurgique américaine. Le gouvernement fédéral, dirigé par la ministre de l'Industrie Mélanie Joly, avait exigé que Cleveland-Cliffs respecte des engagements pris lors de l'acquisition, notamment le maintien des emplois pendant cinq ans. Cependant, l'entreprise américaine a annoncé des mises à pied, justifiant sa décision par des droits de douane de 50% imposés par les États-Unis sur l'acier canadien, une mesure liée aux tensions commerciales entre les deux pays. Selon le syndicat local, 90 travailleurs ont déjà été licenciés la semaine précédente, et 85 autres devraient l'être d'ici la fin de la semaine, avec un total estimé de 300 à 350 emplois supprimés à Hamilton. D'autres mises à pied sont également prévues à l'usine de Lake Erie à Nanticoke, en Ontario.
Face aux licenciements, le gouvernement canadien, représenté par la ministre Mélanie Joly, refuse de céder et étudie plusieurs options juridiques pour faire respecter les engagements de Cleveland-Cliffs. Ces options incluent des sanctions financières, une injonction judiciaire obligeant l'entreprise à maintenir les emplois, ou même une ordonnance forçant la vente des actifs canadiens de Stelco. La ministre a précisé que le gouvernement examine actuellement ces mesures en vertu de l'article 40 de la Loi sur Investissement Canada, une loi qui encadre les investissements étrangers au Canada. Ottawa reste en contact avec l'entreprise et le syndicat des travailleurs, tout en insistant sur le caractère inacceptable de la situation. Aucune décision n'a encore été prise, et aucun échéancier n'a été annoncé pour une éventuelle action en justice.
Cleveland-Cliffs, dirigé par son PDG Lourenço Gonçalves, conteste l'interprétation des engagements pris lors de l'acquisition de Stelco en 2024. L'entreprise affirme que les mises à pied sont temporaires et que les emplois seront recréés une fois un accord commercial entre le Canada et les États-Unis conclu. Gonçalves argue que l'accord ne l'oblige pas à maintenir les niveaux d'emploi quotidiennement pendant cinq ans, mais seulement à préserver le nombre total d'employés syndiqués et non syndiqués à long terme. Il souligne que les droits de douane américains de 50% sur l'acier canadien ont joué un rôle clé dans sa décision, rendant l'activité de Stelco moins rentable. Malgré les avertissements d'Ottawa, l'entreprise a confirmé qu'elle poursuivrait les licenciements.
Les licenciements chez Stelco ont un impact direct sur les employés, dont certains, comme Mike Watt, comptent plus de 20 ans d'ancienneté dans l'entreprise. Le syndicat des Métallos, représenté par Ron Wells, dénonce le non-respect des engagements par Cleveland-Cliffs et exhorte le gouvernement à agir rapidement pour protéger les emplois. Wells met en garde contre les répercussions plus larges de ces licenciements, car Stelco fournit de l'acier à de nombreux fabricants canadiens, notamment pour la production d'appareils électroménagers, d'abris de jardin ou de pièces automobiles. Une interruption de l'approvisionnement en acier pourrait donc perturber d'autres secteurs industriels au Canada.
Le conflit autour des licenciements chez Stelco a relancé le débat sur la nationalisation de l'entreprise. Le chef du NPD fédéral, Avi Lewis, et la chef du NPD de l'Ontario, Marit Stiles, ont appelé le gouvernement à nationaliser Stelco, arguant que les procédures judiciaires pourraient prendre trop de temps pour protéger les emplois et la capacité sidérurgique du Canada. Stiles a également demandé au premier ministre de l'Ontario, Doug Ford, de collaborer avec Ottawa pour favoriser cette nationalisation, tout en réclamant un allègement des tarifs douaniers et une stratégie d'approvisionnement privilégiant les produits ontariens. Le premier ministre Mark Carney avait précédemment indiqué que le gouvernement prendrait les mesures appropriées après avoir examiné la réponse de l'entreprise aux demandes de la ministre Joly.

