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Généraliste

Agent Layla : comment une victime d’agression sexuelle fait avouer son agresseur

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 3 h

Vienna Luke a porté le nom de code Agent Layla pour piéger son agresseur 14 ans après les faits..

Contexte de l'agression

En 2007, Vienna Luke, une jeune femme de 20 ans issue d’un milieu très protégé, déménage chez sa sœur et son beau-frère, Justin Sewell, un vétérinaire de 31 ans, à Fort St. John, en Colombie-Britannique (Canada). Un soir où sa sœur et ses neveux sont absents, Justin Sewell propose à Vienna de boire de l’alcool pour la première fois. Elle consomme alors des cocktails préparés par lui. Rapidement, elle ressent des vertiges, des nausées, puis perd connaissance. Dans un moment de lucidité, elle affirme avoir vu son beau-frère lui retirer ses sous-vêtements avant de sombrer à nouveau dans l’inconscience. L’article précise que ces événements ont eu lieu dans un cadre familial, où Vienna était vulnérable en raison de son jeune âge et de son isolement géographique, à 14 heures de route de sa famille d’origine.

Révélation et enquête

Douze ans après les faits, en 2019, Vienna Luke se confie à sa sœur Shawnessy après avoir observé une étreinte prolongée entre elle et Justin Sewell lors d’un voyage en Floride. Shawnessy, qui n’a pas besoin d’en savoir plus, croit immédiatement sa sœur et l’encourage à porter plainte. Vienna partage ensuite son histoire avec ses parents, déclenchant des tensions familiales : sa sœur aînée soutient son mari, tandis que Shawnessy et Vienna le dénoncent. Les sœurs décident de mener leur propre enquête en contactant une ancienne maîtresse de Justin Sewell, qui leur révèle qu’il lui avait confié avoir drogué Vienna avec de la kétamine (un anesthésique dissociatif utilisé illégalement comme drogue du viol). Cette information motive Vienna à signaler les faits à la police de Vancouver, puis à la GRC (Gendarmerie royale du Canada), une force de police fédérale canadienne.

Stratégie d'infiltration

La sergente Joëlle LaChance, de la GRC, prend en charge le dossier et propose à Vienna une solution originale : devenir elle-même une agent d’infiltration sous le nom de code Agent Layla. L’objectif est de piéger Justin Sewell en reprenant contact avec lui via des courriels préparés par la police, où Vienna exige une rencontre en personne pour obtenir des aveux. Pour préparer cette opération, Vienna passe plusieurs jours dans une chambre d’hôtel avec des agents, qui lui enseignent à utiliser un langage direct et cru (par exemple, des mots comme vagin ou éjaculer) afin de déstabiliser son interlocuteur. La rencontre est organisée à l’aéroport international de Vancouver, où Vienna, sous couverture, prend le contrôle de la conversation et pose des questions précises à Justin Sewell, qui finit par avouer les faits.

Aveux et condamnation

Lors de la rencontre enregistrée le 29 octobre 2021, Justin Sewell admet avoir drogué Vienna avec de la kétamine, l’avoir déshabillée, s’être masturbé et avoir éjaculé sur elle, tout en prenant 30 photos. Ces aveux, ainsi que les preuves recueillies (enregistrement, témoignages), permettent son arrestation le 26 avril 2022. En 2023, il plaide coupable à un chef d’agression sexuelle et à deux chefs de voyeurisme (fait d’observer une personne à son insu dans un contexte intime). Il est condamné en appel à 33 mois moins un jour de prison. L’article souligne que cette opération a permis à Vienna de reprendre le contrôle de son récit et de défendre ses propres intérêts, une expérience qu’elle qualifie de libératrice.

Ce que ça pourrait changer

Plusieurs acteurs ont joué un rôle central dans cette affaire. Vienna Luke, la victime, a transformé son expérience traumatisante en une action judiciaire grâce à son courage et à la stratégie de la GRC. Sa sœur Shawnessy l’a soutenue dès le début, tandis que la sergente Joëlle LaChance a coordonné l’enquête et proposé l’opération d’infiltration. La GRC, en tant qu’institution, a fourni les ressources nécessaires (unités d’infiltration, préparation logistique) pour mener à bien cette mission. Justin Sewell, le beau-frère, a vu sa réputation de vétérinaire respecté s’effondrer après ses aveux, illustrant les conséquences juridiques et sociales de ses actes. Enfin, l’ancienne maîtresse de Sewell a joué un rôle indirect mais crucial en révélant l’utilisation de la kétamine.

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