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Habituée de l’Europe, une campagne de désinformation russe se tourne vers les États-Unis

Next.ink · mis à jour il y a 5 j

Active depuis des années en France et en Europe, une campagne de désinformation animée par des acteurs pro-russes se tourne vers les États-Unis, alors que le pays prépare ses élections de mi-mandat. Des vidéos accompagnées du hashtag #DémocratesDélinquants et du logo de la chaîne CNN.

Campagne Matriochka en expansion

Une campagne de désinformation attribuée à des acteurs pro-russes, surnommée Matriochka (ou poupées gigognes), qui s’étendait traditionnellement en Europe, s’étend désormais aux États-Unis. Cette opération utilise des technologies avancées comme l’intelligence artificielle pour créer des deepfakes, des vidéos truquées où des personnalités publiques semblent tenir des propos qu’elles n’ont jamais tenus. Parmi les victimes de ces manipulations figurent des actrices américaines célèbres comme Alyson Hannigan et Emma Caulfield, connues pour leurs rôles dans des séries populaires, ainsi que des médias comme CNN. Les contenus générés reprennent souvent des éléments existants en ligne, comme des vidéos ou des images, et les détournent pour servir un récit spécifique. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie plus large de déstabilisation, déjà observée lors d’événements comme les Jeux Olympiques de Paris en 2024 ou les élections françaises de 2027.

Cibles et méthodes utilisées

Les cibles de cette campagne aux États-Unis sont variées : des actrices hollywoodiennes, des médias reconnus comme CNN, et des candidats démocrates au Sénat, dont Jon Ossoff (Géorgie), James Talarico (Texas) et Mary Peltola (Alaska). Les méthodes incluent la création de fausses déclarations attribuées à ces personnalités, souvent accompagnées de hashtags comme #DémocratesDélinquants. Par exemple, Alyson Hannigan est présentée comme affirmant que «Il n’y a aucun enfant américain qui ne soit pas menacé par les démocrates», tandis qu’Emma Caulfield est censée déclarer que les démocrates «boivent notre sang». Ces vidéos sont diffusées sur des plateformes comme Bluesky/Eurosky, où des comptes comme Antibot4Navalny, un réseau d’opposants russes, alertent contre ces manipulations. Les deepfakes sont parfois créés à partir de contenus existants, comme des vidéos personnalisées du site Caméo, où des personnalités répondent à des messages personnalisés.

Réactions et impact limité

Les personnalités victimes de ces manipulations, comme Emma Caulfield ou Ed Begley Jr., ont réagi en dénonçant ces détournements. CNN a également condamné l’utilisation non autorisée de son logo. Cependant, malgré ces alertes, l’impact de ces vidéos reste généralement faible : la plupart ne dépassent pas quelques centaines de vues, sauf exceptions comme une fausse vidéo du Figaro en France qui avait connu une viralité plus importante. Les autorités françaises ont d’ailleurs attribué un degré de «confiance élevée» à ce réseau en août 2026, notamment pour son rôle dans la manipulation de l’image de Gabriel Attal lors de l’élection présidentielle de 2027. Cette campagne s’inscrit dans une stratégie récurrente de la Russie pour semer la discorde lors d’élections, comme cela avait été observé en Allemagne, en Hongrie ou en Arménie.

Ce que ça pourrait changer

Le réseau *Matriochka* est identifié comme l’un des principaux acteurs de cette campagne de désinformation. Il opère en utilisant des méthodes sophistiquées, comme l’usurpation d’identités ou de logos, pour donner une apparence de crédibilité à ses contenus. Les spécialistes, comme Pablo Maristany de las Casas de l’*Institute for Strategic Dialogue*, soulignent que ces techniques ont déjà été employées lors d’élections locales et régionales en Europe. Aux États-Unis, cette campagne intervient dans un contexte de tensions politiques accrues, où la désinformation est devenue un outil récurrent pour influencer l’opinion publique. Les plateformes comme Bluesky/Eurosky jouent un rôle central dans la diffusion de ces contenus, tout en étant aussi des espaces où des acteurs comme *Antibot4Navalny* tentent de les contrer.

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