Aux États-Unis, les républicains utilisent la question transgenre comme arme politique
Ils s’en prennent aux démocrates sur cette question, poussant certains à revenir sur leur soutien à cette cause..
En septembre 2026, aux États-Unis, les républicains utilisent la question des droits des personnes transgenres comme outil de mobilisation politique pour les élections de mi-mandat de novembre. Face à une guerre en Iran impopulaire et à une hausse du coût de la vie, cette stratégie vise à détourner l’attention des problèmes économiques et sociaux. Donald Trump, figure centrale du parti républicain, a qualifié cette approche de « meilleure carte » électorale. Les républicains s’appuient sur des chaînes comme Fox News, très suivies par les conservateurs, pour diffuser massivement des messages ciblant les droits des personnes transgenres. Cette tactique rappelle leur succès en 2024 avec une publicité contre la candidate démocrate Kamala Harris, qui utilisait des pronoms neutres (iel) pour la ridiculiser.
Les démocrates ont traditionnellement soutenu les droits des minorités LGBT+, comme le mariage homosexuel ou l’inclusion des personnes transgenres. Cependant, sur ce dernier sujet, leur position est minoritaire dans l’opinion publique américaine. Selon une étude du Pew Research Center en 2025, 73 % des Américains se disaient mal à l’aise avec la présence de femmes transgenres dans des compétitions sportives féminines, et 66 % étaient favorables à leur interdiction. Cette divergence explique pourquoi les républicains font de cette question un enjeu central. Doug Heye, stratège républicain, souligne que « les républicains sont tant à l’offensive sur la question » en raison de ces chiffres. Donald Trump, revenu à la Maison-Blanche en janvier 2025, a promis de mettre fin à ce qu’il appelle le « délire transgenre » et a adopté plusieurs mesures restrictives, comme l’interdiction de participer à des compétitions sportives ou d’utiliser des toilettes fédérales pour les personnes transgenres.
Les républicains ciblent les élections de mi-mandat de novembre 2026 en diffusant massivement des publicités jouant sur les craintes liées aux personnes transgenres. Par exemple, une publicité d’Elon Musk demande : « Marre de voir des hommes écraser des sportives sur le terrain ? », illustrée par une drag-queen marquant un panier. Une autre attaque un candidat démocrate du Texas, James Talarico, en le présentant comme favorable à la participation d’athlètes transgenres dans les compétitions féminines. Ces publicités visent à mobiliser l’électorat républicain, moins enclin à voter quand un président de leur camp est au pouvoir. Kurt Bardella, ancien républicain devenu conseiller démocrate, critique cette stratégie, soulignant que « c’est le summum de l’absurdité de notre époque » de voir un sujet concernant une minorité statistiquement insignifiante dominer le débat politique.
Face à la pression républicaine, certains démocrates reviennent sur leurs positions initiales pour défendre les droits des personnes transgenres. James Talarico, candidat démocrate au Sénat du Texas, a changé d’avis et s’oppose désormais à la participation d’athlètes transgenres dans les compétitions féminines, invoquant des raisons d’équité ou de sécurité. Cette volte-face reflète une stratégie défensive des démocrates, qui cherchent à éviter de perdre des électeurs sur ce sujet sensible. Kurt Bardella, qui conseille des démocrates, exprime sa frustration, estimant que cette question, bien que marginale, « monopolise autant le débat ». Gavin Newsom, gouverneur démocrate de Californie, a qualifié l’impact d’une publicité républicaine en 2024 de « brutal et dévastateur » pour la candidate Kamala Harris, illustrant la puissance de cette arme politique.

