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Généraliste

Des élus québécois dénoncent une montée des propos et gestes homophobes

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 25 j

Alors que la semaine de la Fierté bat son plein, un drapeau arc-en-ciel a été vandalisé cinq fois à Val-David..

Vandalisme à Val-David

À Val-David, dans les Laurentides, le drapeau arc-en-ciel déployé en juin 2026 pour célébrer la Semaine de la Fierté a été vandalisé à cinq reprises. Les actes incluaient des brûlures, des coupures et des déchirures, parfois accompagnés de l’arrachement du mât. Le maire, Jean-Claude Rocheleau, a exprimé sa consternation, soulignant que ces gestes ne reflètent pas l’esprit inclusif de sa municipalité, où une communauté LGBTQ+ est bien établie. Les réseaux sociaux de la ville ont également été la cible de commentaires haineux, nécessitant une modération active. Malgré ces incidents, la municipalité a choisi de réinstaller le drapeau, réaffirmant son engagement pour la diversité et l’inclusion.

Harcèlement en conseil municipal

À Mont-Saint-Hilaire, en Montérégie, un conseiller municipal issu de la diversité sexuelle, Gaston Meilleur, a été la cible de propos homophobes lors d’un conseil municipal en 2025. Bien que ces remarques n’aient pas été enregistrées, l’élu a confirmé leur réalité et leur gravité. Il a expliqué que ces attaques, bien que rares, sont d’autant plus surprenantes dans une petite communauté où les habitants se connaissent bien. Gaston Meilleur a salué la réaction de la municipalité, qui a pris l’incident au sérieux, et a exprimé son intention de continuer à dénoncer ces comportements, tout en soulignant la nécessité de protéger les personnes vulnérables.

Haine en ligne contre candidats

À l’approche des élections provinciales de 2026, plusieurs candidats issus de la diversité sexuelle et de genre, notamment Roxane Milot (Québec solidaire) et Philippe Schnobb (Parti québécois), ont signalé une augmentation alarmante de messages haineux en ligne. Roxane Milot, bisexuelle, a été la cible de trolls et de propos dégradants sur les réseaux sociaux. Philippe Schnobb a partagé des exemples de commentaires homophobes violents, incluant des menaces explicites. Ces attaques visent aussi des candidats non issus de la diversité, simplement parce que leur parti est dirigé par une personne gaie, comme Charles Milliard (Parti libéral) ou Éric Duhaime (Parti conservateur). Les partis politiques concernés ont mis en place des mesures de soutien, comme des groupes de discussion et des formations pour gérer ces situations.

Recul social et causes

Olivier Ferlatte, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, interprète cette montée de l’homophobie et de la transphobie comme un recul social majeur. Il identifie deux causes principales : l’instrumentalisation des enjeux LGBTQ+ par des partis de droite populiste, qui utilisent ces sujets pour alimenter une guerre culturelle contre les politiques d’équité, et la propagation de désinformation sur les réseaux sociaux. Ces derniers amplifient des rumeurs infondées, comme l’idée que les enfants seraient poussés à remettre en question leur identité de genre ou subiraient des chirurgies forcées, malgré leur absence de fondement scientifique. Ferlatte propose des solutions, telles que la lutte contre la désinformation, le financement des organismes communautaires et l’éducation pour favoriser une meilleure compréhension des réalités LGBTQ+.

Ce que ça pourrait changer

Tous les principaux partis politiques du Québec, y compris la Coalition avenir Québec (CAQ), reconnaissent la gravité de la situation et ont mis en place des mesures pour soutenir leurs candidats ciblés. La CAQ assure une veille accrue sur les réseaux sociaux, tandis que Québec solidaire et le Parti libéral ont créé des groupes de soutien et des formations pour aider leurs membres à faire face à la haine en ligne. Malgré ces initiatives, la crainte persiste que cette violence pousse certains candidats à renoncer à s’engager en politique. Gaston Meilleur, conseiller municipal de Mont-Saint-Hilaire, a appelé à ne pas se laisser intimider, affirmant que la diversité des candidats est essentielle pour une démocratie représentative.

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