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Culture

Commerce, quand l'histoire marchande : Marseille au Moyen Âge

France Culture - Savoirs · mis à jour 6 oct.

À la fin du Moyen Âge, le port de Marseille vit au rythme des bateaux et des marchandises. Parmi les hommes et les femmes qui y accostent, y vivent ou y travaillent, les marchands forment une élite protéiforme, qui gouverne la ville..

Marseille, port médiéval

Au 14ᵉ et 15ᵉ siècles, sous l’autorité des comtes de Provence, Marseille s’impose comme une ville dynamique dont l’économie repose sur le commerce maritime. Son port, situé dans le quartier du Panier, est un carrefour cosmopolite où se croisent des marchands marseillais, italiens, catalans ou grecs. Les échanges y sont intenses et multilingues, reflétant une ouverture sur la Méditerranée. Marseille n’est pas un grand port comme Gênes, Venise ou Barcelone, mais sa position stratégique entre l’Italie et l’Espagne en fait une escale incontournable pour les navires. Le quartier du Panier, autour de la calanque formant le port, concentre les activités commerciales et artisanales, avec des boutiques et des marchés où s’échangent des denrées alimentaires, des draps ou des épices. Le corail, pêché notamment au large de la Sardaigne, est une marchandise phare, transformée et exportée depuis Marseille.

Les marchands, une élite

À Marseille, les marchands forment une élite sociale et économique qui gouverne la ville. Leur statut varie : certains sont de grands négociants spécialisés dans le commerce international de draps et d’épices, tandis que d’autres, plus modestes, sous-louent des tables sur les marchés. Les femmes, bien que moins visibles dans les archives, jouent un rôle actif, notamment les veuves qui reprennent l’affaire familiale ou les épouses gérant la boutique en l’absence de leur mari. Les alliances maritales servent aussi des stratégies commerciales. Contrairement à d’autres villes médiévales, Marseille ne compte pas de corporations de marchands, mais les collaborations et les rivalités entre familles marchandes sont fréquentes. Les grands marchands peuvent accéder à la noblesse en achetant des seigneuries, et leur influence s’étend sur plusieurs générations.

Commerce et risques

Le commerce maritime à Marseille est soumis à de nombreux risques. Les marchands craignent les naufrages, les captures de marchandises par des pirates ou des puissances ennemies, ainsi que les conflits armés qui perturbent les routes commerciales. La piraterie est une pratique courante en Méditerranée, et certains marchands s’y adonnent eux-mêmes, bien que cela soit illégal. Malgré ces dangers, le port reste un lieu d’échanges actifs, où se négocient des biens prestigieux comme le corail, les épices ou les draps. La mer, source de richesse, est aussi une source d’insécurité permanente. Les marchands doivent donc constamment adapter leurs stratégies pour protéger leurs affaires et leurs navires.

Identité et hiérarchie

Il n’existe pas une identité marchande unique à Marseille, mais plusieurs profils qui reflètent la diversité des acteurs du commerce. Les grands marchands, souvent riches et influents, participent au gouvernement de la ville et tissent des réseaux internationaux. Les petits marchands, moins aisés, se contentent de sous-louer des espaces ou de vendre des produits locaux. Les femmes, bien que moins documentées, occupent une place réelle dans ce milieu, notamment en tant que veuves ou gestionnaires. Les rivalités entre familles ou clans marchands sont fréquentes et peuvent dégénérer en violences. Les alliances matrimoniales sont un outil clé pour renforcer les positions commerciales, tandis que l’achat de seigneuries permet aux grandes familles d’accéder à la noblesse.

Ce que ça pourrait changer

Marseille occupe une position géographique stratégique sur la route maritime reliant l’Italie à l’Espagne, ce qui en fait une escale majeure en Méditerranée. Bien que moins puissante que des ports comme Gênes ou Venise, elle bénéficie de cette localisation pour développer son commerce. Les marchandises transitent par Marseille avant d’être redistribuées vers d’autres régions. Le corail, pêché au large de la Sardaigne, est transformé localement avant d’être exporté vers l’Europe du Nord ou l’Orient. Les échanges y sont variés, allant des denrées alimentaires aux produits de luxe. Malgré les risques liés à la piraterie et aux conflits, Marseille reste un acteur clé du commerce méditerranéen à la fin du Moyen Âge.

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