Une étudiante de Me Daniel Rochefort s’est plainte au SPVM pour agression sexuelle en 2011
Le Service de police de la Ville de Montréal est toujours à la recherche de victimes de l'avocat accusé..
En mars 2011, une étudiante étrangère de l’Université de Montréal a déposé une plainte pour agression sexuelle contre son professeur, Me Daniel Rochefort, auprès du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) et de l’université. Selon son témoignage, la rencontre aurait eu lieu un dimanche dans une salle contenant un bureau et un sofa, après qu’elle ait été convoquée par son professeur. Elle affirme que Me Rochefort lui aurait dit que, malgré de bons résultats, elle ne réussirait pas sa session, en ajoutant que la réussite se paie. Il aurait ensuite proposé de former une équipe avec elle pour le travail de fin de session, en évoquant ses yeux, avant de lui demander si elle était mariée. La victime décrit des gestes non consentis, dont des tentatives d’enlacement, de s’asseoir sur ses genoux et d’embrassade. Après cet incident, elle aurait abandonné sa session et quitté l’université. La plainte a été transmise au doyen de la Faculté de l’éducation permanente et au vice-doyen, mais n’a pas abouti à des accusations criminelles.
L’Université de Montréal a traité la plainte en suivant son Code de conduite des chargés de cours, mais le comité de discipline n’a pas donné suite. La porte-parole de l’université, Geneviève O’Meara, a expliqué que les conventions collectives de l’époque incluaient une clause d’amnistie de deux ans, effaçant tout historique disciplinaire passé ce délai. Cette pratique a été jugée inadaptée et a conduit l’université à modifier sa charte en 2018 pour intégrer de nouvelles directives sur le traitement des victimes de violence à caractère sexuel (VACS) et des ressources humaines. Ces changements visaient à améliorer les processus internes de gestion des plaintes. Cependant, l’université n’a pas répondu directement aux questions de Radio-Canada sur le traitement spécifique de ce dossier.
Me Daniel Rochefort a été licencié en 2022 après une nouvelle plainte déposée par une étudiante, l’accusant de conduite harcelante et perturbatrice lors d’une activité de réseautage organisée le 9 novembre 2017. Cette plainte a conduit à son congédiement, mettant fin à sa carrière à l’Université de Montréal. Par ailleurs, le 7 mai 2024, il a été arrêté et accusé de leurre, de production de matériel d’abus et d’exploitation pédosexuels, ainsi que d’autres chefs d’accusation. Le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) s’est opposé à sa remise en liberté, et il est actuellement détenu à la prison de Bordeaux. Le SPVM a indiqué poursuivre ses recherches pour identifier d’éventuelles autres victimes, estimant que des faits auraient pu se produire entre 2007 et 2026.
Me Daniel Rochefort, avocat et chargé de cours, a fait l’objet d’allégations sur plus d’une décennie, selon une enquête du *Journal de Montréal*. L’affaire soulève des questions sur la gestion des plaintes pour agressions sexuelles dans les milieux universitaires, notamment en ce qui concerne les délais de traitement et les clauses d’amnistie. L’Université de Montréal a reconnu que ses anciens processus étaient insuffisants et a mis en place de nouvelles directives en 2018 pour mieux protéger les victimes. Cependant, l’efficacité de ces mesures reste à évaluer, d’autant que le cas de Me Rochefort illustre les difficultés à traiter ces dossiers de manière transparente et rapide. La situation met également en lumière les obstacles culturels et administratifs que peuvent rencontrer les victimes, comme le souligne la porte-parole de l’université.

