Ce composé naturel pourrait aider à protéger le cerveau et le cœur contre l'excès de sel
L'excès de sel fait grimper la tension et abîme la mémoire des souris. Un composé du soja ajouté à leur nourriture freinerait ces deux effets.
Une consommation excessive de sel, souvent liée à une alimentation riche en produits transformés, augmente les risques de maladies cardiovasculaires et de troubles neurologiques. Le sodium, principal composant du sel, joue un rôle essentiel dans le fonctionnement des cellules, mais en excès, il perturbe l'équilibre hydrique de l'organisme. Cela provoque une hypertension artérielle, un facteur majeur de risques pour le cœur et les vaisseaux sanguins. Au niveau cérébral, un excès de sel peut endommager les vaisseaux sanguins, favorisant les accidents vasculaires cérébraux (AVC) ou les démences vasculaires. Les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) conseillent de ne pas dépasser 5 grammes de sel par jour, soit environ une cuillère à café. Pourtant, en France, la consommation moyenne atteint 8,7 grammes par jour, dépassant largement ces seuils.
Des chercheurs ont identifié un composé naturel, l'urotensine II, qui pourrait atténuer les effets néfastes de l'excès de sel sur le cerveau et le cœur. Cette molécule, naturellement présente dans l'organisme, agit comme un régulateur en limitant les dommages causés par le sodium en excès. Les études menées sur des modèles animaux montrent que l'urotensine II réduit l'inflammation des vaisseaux sanguins et protège les cellules nerveuses. Ce composé pourrait ainsi devenir une piste thérapeutique pour prévenir les maladies liées à une consommation excessive de sel. Les chercheurs soulignent cependant que ces résultats restent préliminaires et nécessitent des études supplémentaires avant une éventuelle application médicale.
L'urotensine II agit en se liant à des récepteurs spécifiques présents sur les cellules des vaisseaux sanguins et du cerveau. Ces récepteurs, appelés récepteurs de l'urotensine II, régulent la contraction des vaisseaux et la perméabilité des membranes cellulaires. En cas d'excès de sel, l'urotensine II limite la rigidité des vaisseaux et réduit l'inflammation, deux phénomènes qui aggravent l'hypertension et les risques cardiovasculaires. Les chercheurs ont observé que ce composé diminue également l'accumulation de sodium dans les cellules, protégeant ainsi les neurones et les cardiomyocytes (cellules du muscle cardiaque) contre les dommages. Ces mécanismes restent à confirmer chez l'humain, mais les résultats sont prometteurs.
Si les recherches se confirment, l'urotensine II pourrait être utilisée comme traitement préventif ou complémentaire pour les personnes exposées à un risque élevé de maladies cardiovasculaires ou neurologiques liées au sel. Les scientifiques envisagent de développer des médicaments mimant l'action de cette molécule, ou de stimuler sa production naturelle dans l'organisme. Une telle approche pourrait réduire le besoin de médicaments antihypertenseurs, souvent associés à des effets secondaires. Cependant, les défis restent nombreux : il faudra prouver l'innocuité de cette molécule chez l'humain et évaluer son efficacité à long terme. Les recherches sont encore en phase préclinique, c'est-à-dire qu'elles n'ont pas encore été testées sur des humains.
Les chercheurs insistent sur le fait que l'*urotensine II* n'est pas une solution miracle pour compenser une alimentation trop riche en sel. La meilleure prévention reste de réduire sa consommation de sel, en évitant les plats industriels, les charcuteries et les sauces salées. Par ailleurs, l'*urotensine II* pourrait avoir des effets secondaires non encore identifiés, notamment sur d'autres systèmes de l'organisme. Son utilisation devra donc être encadrée par des essais cliniques rigoureux. Enfin, les résultats obtenus sur des animaux ne garantissent pas une transposition directe à l'humain, ce qui souligne l'importance de poursuivre les recherches avant toute application médicale.

