Résidences de la réussite : le Crous renforce l’accompagnement des étudiants
À Aix-en-Provence, une nouvelle résidence de la réussite accompagne les étudiants boursiers de première année. Tutorés par des étudiants expérimentés, ils bénéficient de conseils, d’entraide et d’un collectif pour mieux vivre leurs débuts à l’université et prévenir le décrochage..
En septembre 2026, le Crous (Centre régional des œuvres universitaires et scolaires) a lancé 12 nouvelles résidences de la réussite en France, portant leur nombre total à 18. Ces résidences visent à accompagner les étudiants boursiers de première année, un public particulièrement exposé au décrochage scolaire. Jusqu’ici, seules 6 résidences existaient. L’objectif est d’en avoir une par académie d’ici 2028. Le Crous est un établissement public qui gère les logements étudiants, les bourses et les services sociaux pour les étudiants en France. Les boursiers sont des étudiants percevant une aide financière de l’État en fonction de leurs ressources familiales.
Les résidences de la réussite proposent un logement collectif pour les étudiants de première année, souvent isolés financièrement ou géographiquement. Chaque résidence abrite une vingtaine d’étudiants logés au même étage, favorisant ainsi une solidarité entre pairs. Les étudiants bénéficient d’un accompagnement personnalisé, avec 4 heures de tutorat hebdomadaire assurées par des tuteurs expérimentés, généralement en 3e année de licence ou en master. Ces tuteurs, volontaires, aident les nouveaux étudiants à s’adapter à la vie universitaire, à gérer leur temps de travail et à découvrir les ressources locales. Par exemple, ils peuvent partager des applications utiles ou organiser des activités de groupe comme des visites de la ville.
Inès Lou, 18 ans, étudiante en double licence de droit et de lettres à Aix-en-Provence, souligne que la résidence lui offre un soutien moral et pratique. Elle apprécie la proximité avec ses voisins, partageant des difficultés financières communes. Tilaï, 17 ans, originaire des Hautes-Alpes, explique que son parcours scolaire atypique (emplois du temps aménagés, dispenses d’assiduité) en raison de son autisme l’a laissé sans méthodologie de travail. Grâce au tutorat, il espère acquérir des compétences essentielles pour réussir ses études. Les deux étudiants soulignent l’importance du collectif pour éviter l’isolement, un facteur clé du décrochage.
Les tuteurs, comme Soléa et Perrine, sont des étudiants en 3e année ou en master qui se sont portés volontaires pour accompagner les premières années. Soléa, qui a elle-même redoublé sa première année, explique que les questions posées par les nouveaux étudiants dépassent souvent le cadre académique. Elle insiste sur l’importance de briser l’isolement, un problème récurrent chez les étudiants. Perrine, convaincue que le travail en groupe améliore la réussite, partage cette vision. Leur rôle ne se limite pas à l’aide aux devoirs : ils aident aussi à décrypter les codes de la vie étudiante, comme le langage spécifique des amphithéâtres ou les attentes des professeurs.
Bénédicte Durand, présidente du Cnous (Centre national des œuvres universitaires et scolaires), explique que près d’un étudiant sur deux abandonne ses études à la fin de la première année, un phénomène appelé *décrochage*. Ce taux est encore plus élevé chez les boursiers. Les résidences de la réussite visent à réduire ce taux en offrant un accompagnement global, combinant soutien académique, social et psychologique. Dans les résidences déjà existantes, le décrochage a diminué, confirmant l’efficacité du dispositif. Le Cnous est l’organisme qui supervise les Crous et coordonne les politiques de vie étudiante en France.

