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Vingt-cinq ans après le 11-Septembre : l’unité des États-Unis à l’épreuve des fractures

The Conversation France · mis à jour il y a 11 j

L’ESSENTIEL Vingt-cinq ans après les attentats du 11-Septembre, l’organisation des cérémonies de commémoration est marquée par plusieurs controverses. L’absence à New York du président des États-Unis et la contestation de la présence du maire Zohran Mamdani, en raison de son appartenance religieuse, cristallisent les tensions.

Cérémonies divisives

Les commémorations du 25e anniversaire des attentats du 11-Septembre, prévues le 11 septembre 2026, sont marquées par des tensions et des polémiques. Quatre anciens présidents américains (Bill Clinton, Barack Obama, Joe Biden et George W. Bush) doivent participer à New York aux côtés du maire de la ville, Zohran Mamdani, élu en novembre 2025. Cependant, Donald Trump, originaire de New York, assistera à une cérémonie parallèle au Pentagone. La présence de Mamdani, musulman, est contestée par certains, qui lui reprochent de ne pas condamner suffisamment l'islamisme radical. Ces divisions révèlent les fractures profondes du pays, alors que l'événement devrait symboliser l'unité nationale. Les cérémonies, diffusées en direct, visent normalement à rassembler la nation autour de valeurs communes, mais cette année, elles cristallisent les oppositions politiques et sociales.

Récit national post-11-Septembre

Les attentats du 11-Septembre 2001 ont provoqué un traumatisme national aux États-Unis et donné naissance à un récit politique unificateur. George W. Bush a immédiatement déclaré que «la liberté elle-même» avait été attaquée, et des responsables politiques de tous bords ont chanté ensemble God Bless America devant le Capitole. Les pompiers de New York et les passagers du vol United Airlines 93, qui s'est écrasé en Pennsylvanie après une tentative de reprise en main par les passagers, ont été érigés en héros nationaux. Ce récit, porté par une narration patriotique, a occulté les débats sur les failles sécuritaires et les réponses militaires. Il a aussi marginalisé les musulmans américains, malgré leur inclusion symbolique dans le «nous» national. En 2023, 20 % des Américains adhéraient encore à la théorie du complot selon laquelle le gouvernement aurait facilité les attentats.

Islamophobie croissante

Malgré les déclarations initiales de George W. Bush en 2001 affirmant que «l’islam, c’est la paix», une islamophobie croissante s’est installée aux États-Unis. Dès 2002, le télévangéliste Jerry Falwell qualifiait Mahomet de «terroriste», avant de s’excuser sous la pression. En 2010, Newt Gingrich comparait un projet de centre islamique près de Ground Zero à un panneau nazi près d’un musée de l’Holocauste. En 2015, Donald Trump affirmait avoir vu «des milliers» de personnes à Jersey City acclamer la chute des tours, une affirmation démentie par les faits. En 2016, il promettait une «interdiction totale» de l’entrée des musulmans aux États-Unis. Une fois élu, il a mis en place le Muslim ban en 2017, suspendant l’entrée des ressortissants de plusieurs pays à majorité musulmane. Ces mesures ont normalisé une rhétorique associant islam et danger sécuritaire.

Surveillance des musulmans

Dès 2002, le département de la police de New York (NYPD) a surveillé des quartiers, associations et commerces musulmans, infiltrant des mosquées sans résultat probant. En 2012, un responsable du NYPD reconnaissait que cette unité n’avait produit aucune piste menant à une enquête pour terrorisme en six ans. À l’échelle fédérale, le FBI a adopté en 2008 des directives autorisant la collecte de renseignements sans soupçon préalable, notamment dans des communautés musulmanes. Ces pratiques ont contribué à stigmatiser les musulmans américains, malgré l’absence de preuve d’efficacité. En 2026, 255 élus musulmans sont recensés aux États-Unis, soit environ 0,05 % de l’ensemble des élus, un nombre sans précédent mais marginal.

Controverse autour de Mamdani

Zohran Mamdani, maire musulman de New York élu en 2025, est au cœur d’une polémique avant les commémorations du 11-Septembre. Une pétition, signée par près de 100 000 personnes, demande son exclusion des cérémonies, l’accusant de liens avec l’extrémisme islamiste. Ses détracteurs citent notamment des déclarations de son père en 2004, qui comparait les auteurs d’attentats-suicides à des «soldats» de la violence politique moderne, ou sa nomination d’un avocat ayant défendu un membre d’Al-Qaïda. Mamdani a refusé de condamner l’expression Globalize the Intifada, qu’il considère comme un appel à l’égalité des droits pour les Palestiniens. Malgré ces critiques, des associations de familles de victimes, comme September 11th Families for Peaceful Tomorrows, défendent son droit à participer. Rudy Giuliani, ancien maire de New York, a quant à lui demandé son exclusion, le qualifiant de «maire musulman, complaisant envers les extrémistes».

Ce que ça pourrait changer

Les tensions autour des commémorations du 11-Septembre reflètent les divisions politiques actuelles aux États-Unis. En 2026, le représentant républicain Andy Ogles déclarait que «les musulmans n’ont pas leur place dans la société américaine», tandis que Donald Trump étendait son *Muslim ban* à 39 pays, majoritairement musulmans. En août 2026, Trump affirmait que des «djihadistes» se faisaient élire «partout» aux États-Unis, une déclaration qui illustre la montée des discours anti-musulmans dans le débat public. Ces propos, autrefois marginaux, sont désormais portés par des figures politiques influentes. Les commémorations de 2026 deviennent ainsi un symbole des clivages persistants, 25 ans après les attentats, entre inclusion et suspicion, unité et division.

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