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Empreinte carbone des vacances : comment aider les touristes à laisser leur voiture au garage ?

The Conversation France · mis à jour il y a 23 j

La mobilité constitue la principale source d’émissions de gaz à effet de serre du tourisme en France. Elle reste pourtant un impensé des politiques publiques.

Tourisme et émissions CO2

En France, le secteur du tourisme représente 8% du PIB national et 2 millions d’emplois, tout en étant la première destination touristique mondiale avec 102 millions de visiteurs internationaux en 2025. Cependant, ce secteur génère également 11% des émissions nationales de gaz à effet de serre (GES). Pour respecter les objectifs de l’accord de Paris, le tourisme français devrait réduire ses émissions de GES de 40 à 50% d’ici 2030 par rapport à 2018. Actuellement, 70% de ces émissions sont attribuables au transport et à la mobilité des touristes. Les vacances représentent à elles seules 30% des émissions de GES liées à la mobilité des personnes en France. Malgré ce poids écologique, la mobilité touristique reste peu prise en compte par les politiques publiques, qui se concentrent davantage sur la mobilité quotidienne.

La voiture, mode dominant

La voiture individuelle domine largement les déplacements touristiques en France, représentant 79% des arrivées touristiques, qu’elles soient françaises ou étrangères. Plusieurs raisons expliquent cet engouement : pour 82% des voyageurs, la voiture est associée à la liberté de déplacement, pour 57% au plaisir de la route et pour 60% à la capacité de chargement. Elle offre aussi une sensation de maîtrise, contrairement à d’autres modes comme le train, qui peut susciter du stress lié aux correspondances, aux grèves ou à la foule. Le dernier kilomètre – la distance entre la gare ou l’arrêt de transport en commun et la destination finale – est également un frein majeur pour les touristes. Ces choix sont souvent influencés par des automatismes et une norme sociale, où la voiture est perçue comme la solution par défaut.

Freins psychologiques et communication

Les freins à l’adoption de modes de transport alternatifs comme le train, le vélo ou les transports collectifs sont autant psychologiques que pratiques. Les publicités pour les voitures individuelles et les avions, qui représentent respectivement 1,885 milliard d’euros et 607 millions d’euros de dépenses en 2023, mettent en avant des valeurs comme la liberté ou le plaisir, tandis que celles pour les transports collectifs ou le vélo insistent davantage sur la responsabilité écologique. Cela crée un déséquilibre dans l’imaginaire collectif. De plus, les offres de mobilité durable sont souvent perçues comme complexes, car elles nécessitent de combiner plusieurs modes de transport. Les touristes ont rarement dans leur catalogue mental des options comme l’autocar, l’autopartage ou la voiture électrique, faute d’une information claire et centralisée.

Rôle des offices de tourisme

Les offices de tourisme et les hébergeurs ont un rôle clé à jouer pour informer les touristes sur les alternatives à la voiture. En 2023 et 2024, l’Agence de la transition écologique (Ademe) a mené des expérimentations en Occitanie, en partenariat avec AD’OCC, la région et Atout France, pour développer des communs numériques. Ces outils visent à proposer des itinéraires de mobilité active ou à intégrer des options de transport lors de la réservation d’un hébergement. L’objectif est de simplifier l’accès à l’information et de rendre les alternatives plus attractives. Cependant, cela nécessite une coordination entre les acteurs du tourisme, de la mobilité et des collectivités pour structurer une offre durable et accessible.

Solutions pour le dernier kilomètre

Pour répondre à la problématique du dernier kilomètre et offrir une liberté de déplacement comparable à celle de la voiture, plusieurs solutions sont envisagées. L’autopartage – comme les services Citiz – permet de partager une flotte de véhicules et est déjà utilisé par 20% des abonnés pour des déplacements en vacances ou en week-end. Une autre piste est la mise à disposition de véhicules intermédiaires légers électriques (VELI) dans les gares et territoires touristiques, comme expérimenté dans le Grand Avignon. Ces solutions nécessitent une collaboration renforcée entre les acteurs du tourisme, de la mobilité et des collectivités, ainsi qu’une prise en compte des besoins locaux hors saison pour assurer leur rentabilité.

Ce que ça pourrait changer

Pour structurer une offre de mobilité touristique durable, il est essentiel d’intégrer les offices de tourisme dans les *comités des partenaires mobilité*, des espaces de réflexion réunissant usagers, acteurs économiques, associations et autorités organisatrices des transports. Ces comités permettent de coordonner les politiques publiques et de mieux répondre aux besoins des touristes et des habitants. Un autre enjeu est de rendre ces offres rentables malgré la saisonnalité du tourisme, en les adaptant également aux besoins locaux. Enfin, il est important de noter que l’achat d’une voiture est souvent influencé par les besoins occasionnels de mobilité, comme les vacances, ce qui perpétue l’usage de la voiture individuelle.

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