Chez Anthropic, Haiku 5.5 prend la relève des petits modèles rapides
Nouvelle mouture pour le « petit modèle » d’Anthropic, Haiku. Moins spectaculaire qu’un nouvel Opus, cette version était attendue pour ses tarifs accessibles.
Anthropic, une entreprise spécialisée dans l'intelligence artificielle, a présenté le 7 octobre 2026 son nouveau modèle Haiku 5.5, décrit comme le plus rapide, le moins cher et le plus performant de sa gamme pour les tâches simples et répétitives. Ce modèle est conçu pour des usages comme le résumé de textes, la classification de données, l'assistance client ou le pilotage de navigateurs, où la rapidité et le coût sont cruciaux. Il peut également servir de sous-agent pour des modèles plus puissants comme Opus ou Sonnet 5.5, c'est-à-dire qu'il exécute des tâches précises en arrière-plan pour alléger la charge des modèles principaux. Le nom Haiku fait référence à une forme poétique japonaise brève, symbolisant ici la rapidité et l'efficacité du modèle.
Haiku 5.5 marque une avancée significative par rapport à son prédécesseur Haiku 4.5, sorti près d'un an plus tôt. Il double la taille de sa fenêtre de contexte (la quantité de texte qu'il peut traiter en une seule fois) : 1 million de tokens en entrée (contre 200 000 pour Haiku 4.5) et 128 000 tokens en sortie (contre 64 000). Un token est une unité de texte, comme un mot ou une partie de mot, utilisée pour mesurer la taille des requêtes. Le modèle introduit également un réglage d'effort (paramètre influençant la qualité et la rapidité des réponses), configuré par défaut sur Moyen. Ces améliorations permettent de traiter des tâches plus complexes ou plus longues tout en maintenant une bonne réactivité.
Anthropic propose un modèle tarifaire agressif pour Haiku 5.5, avec un coût de 0,10 $ par million de tokens en entrée et 0,50 $ par million en sortie. Cependant, ces tarifs ne s'appliquent qu'aux requêtes inférieures à 100 000 tokens. Au-delà, les prix sont multipliés par cinq, mais restent en moyenne deux fois moins chers que ceux de Haiku 4.5. Selon Anthropic, 90 % des requêtes adressées à Haiku 4.5 étaient déjà inférieures à ce seuil. Malgré une légère augmentation de la verbosité (longueur des réponses) par rapport à Haiku 4.5, le coût par tâche reste globalement plus avantageux, notamment en mode Moyen. Le modèle est positionné comme une alternative moins chère que GPT-6 Luna pour des tâches similaires.
Les performances de Haiku 5.5 ont été considérablement améliorées, comme le montrent plusieurs benchmarks (tests standardisés pour évaluer les modèles d'IA). Par exemple, son score sur Terminal-Bench 4.0 (un test de développement agentique) passe de 0 % à 39,2 %, tandis que sur GDPval-AA v2.1 (évaluation de compréhension), il passe de 735 à 1 620. D'autres tests comme OSWorld 2.1 (simulation d'interactions avec un système d'exploitation) ou Chartography (analyse de graphiques) affichent des progrès spectaculaires, avec des scores multipliés par 4 ou 5. Cependant, ces résultats sont obtenus en mode effort maximal, tandis que le mode par défaut (Moyen) divise ces scores par deux, comme pour Terminal-Bench 4.0 (20,3 %). Les performances restent donc très dépendantes du paramétrage choisi.
Haiku 5.5 est souvent comparé à Sonnet 5.5, un modèle plus puissant d'Anthropic. Sur certains tests comme FrontierCode 1.1, Haiku 5.5 obtient un score de 46,4 % contre 52,1 % pour Sonnet 5.5 en mode Xhigh (effort très élevé), soit un écart de seulement 5,7 points. En revanche, sur Terminal-Bench 4.0, Sonnet 5.5 atteint 70,6 % (niveau d'effort inconnu), contre 39,2 % pour Haiku 5.5, révélant un écart plus marqué. Anthropic précise que Haiku 5.5 est conçu pour des tâches spécifiques et étroites, comme la compaction (réduction de texte), la synthèse ou le travail en tant que sous-agent, où il excelle en termes de coût et de rapidité. Sonnet 5.5 reste donc plus adapté aux tâches complexes.
Anthropic affirme que les garde-fous de cybersécurité de Haiku 5.5 sont plus stricts que ceux de Haiku 4.5, mais moins restrictifs que ceux de Sonnet 5.5. Ces mesures permettent d'exécuter davantage de tâches défensives (comme la détection d'intrusions) tout en bloquant toujours les tests d'intrusion malveillants. Cette nuance pourrait répondre à des critiques passées, comme celle de Hugging Face, une plateforme open source, qui avait souligné l'impossibilité d'utiliser des modèles commerciaux américains pour des tâches de défense, alors que la plateforme était elle-même attaquée par des agents d'OpenAI. Ce point illustre les tensions entre sécurité et utilité dans le domaine de l'IA.
En parallèle de l'annonce de Haiku 5.5, Anthropic a réduit de moitié le tarif pour la lecture de cache dans Sonnet 5.5, ce qui diminue d'environ 20 % le coût des travaux d'agent utilisant ce modèle. L'entreprise a également introduit un nouveau système de crédits API mensuels pour les abonnements Max et Team sur sa plateforme Claude. Les utilisateurs Max 5x reçoivent 100 $ de crédits par mois, les Max 20x en obtiennent 200 $, et les abonnements Team jusqu'à 500 $, à répartir entre les membres. Ces crédits visent à encourager l'expérimentation et le développement d'outils ou d'agents utilisant l'API d'Anthropic.
Anthropic a mis à jour ses *SDK* (kits de développement logiciel) pour *Python* et *TypeScript*, ajoutant la prise en charge de l'utilisation de l'ordinateur et du navigateur. Ces outils, encore en version bêta, permettent aux développeurs de créer des agents capables d'interagir directement avec un navigateur ou un système d'exploitation. Haiku 5.5 est présenté comme particulièrement adapté à ce type d'usage, grâce à sa rapidité et son efficacité. Ces mises à jour visent à faciliter l'intégration des modèles d'Anthropic dans des applications concrètes, comme des assistants automatisés ou des outils de gestion de données.

