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Environnement

Désertification : la COP17 s'ouvre sur fond de canicules à répétition

Reporterre · mis à jour il y a 13 j

La COP qui a débuté en Mongolie vise à freiner la dégradation des terres causée par les sécheresses et les activités humaines. Le phénomène progresse dans de nombreux pays, même en France.

COP17 sur la désertification

La COP17 désigne la 17e édition de la Conference of the Parties (Conférence des Parties) sur la désertification, un sommet international organisé sous l'égide des Nations unies. Cet événement rassemble les États signataires de la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (CNULCD), créée en 1994 pour lutter contre l'avancée des déserts et la dégradation des terres. La COP17 se tient en 2022, dans un contexte marqué par des vagues de chaleur exceptionnelles en Europe et en Afrique, illustrant les effets concrets du réchauffement climatique. L'objectif principal de cette conférence est de renforcer les engagements des pays pour préserver les sols et les écosystèmes, tout en adaptant les politiques aux réalités locales. Parmi les participants figurent des représentants gouvernementaux, des scientifiques, des ONG et des communautés locales directement touchées par la désertification.

Désertification en chiffres

La désertification désigne la dégradation des terres dans les zones arides, semi-arides et subhumides sèches, causée par des facteurs climatiques et humains comme la déforestation ou l'agriculture intensive. Selon les données de la CNULCD, plus de 2 milliards de personnes vivent dans ces régions, et 70 % des terres sont déjà dégradées. Chaque année, 12 millions d’hectares de terres arables sont perdus, soit l’équivalent de la surface du Portugal, affectant directement la sécurité alimentaire de millions de personnes. En Afrique, où la désertification progresse le plus vite, 65 % des terres arables sont déjà touchées. Les canicules à répétition, comme celles de 2022 en Europe, accélèrent ce phénomène en réduisant la capacité des sols à retenir l’eau et à produire de la biomasse.

Enjeux climatiques globaux

La désertification est étroitement liée au changement climatique, car les sols dégradés absorbent moins de CO₂ et libèrent davantage de gaz à effet de serre, aggravant le réchauffement. Les canicules de 2022, avec des températures dépassant 40 °C en Europe et des records en Afrique du Nord, illustrent cette boucle de rétroaction. Les scientifiques estiment que d’ici 2050, jusqu’à 90 % des terres pourraient être touchées par la désertification si aucune mesure n’est prise. La COP17 vise donc à intégrer la lutte contre la désertification dans les stratégies climatiques mondiales, notamment lors de la COP27 sur le climat qui suit. Les pays sont appelés à présenter des plans nationaux ambitieux pour restaurer les terres dégradées, avec un objectif de 1,5 milliard d’hectares restaurés d’ici 2030.

Solutions et engagements

Pour lutter contre la désertification, plusieurs solutions sont envisagées lors de la COP17. Parmi elles, la restauration des sols par des techniques comme l’agroforesterie, le reboisement ou la gestion durable des pâturages. Les engagements financiers sont aussi un point clé : les pays développés sont appelés à financer des programmes dans les pays en développement, où les moyens sont limités. Par exemple, l’Union européenne a annoncé un fonds de 1,5 milliard d’euros pour soutenir des projets en Afrique. Les communautés locales, comme les agriculteurs ou les peuples autochtones, jouent un rôle central dans ces initiatives, car leurs savoirs traditionnels sont souvent adaptés aux conditions locales. La COP17 doit aussi définir des indicateurs pour mesurer les progrès et garantir la transparence.

Ce que ça pourrait changer

Malgré les engagements pris lors des précédentes COP, la mise en œuvre des solutions se heurte à des obstacles politiques et économiques. Certains pays, notamment ceux dépendants des revenus liés à l’exploitation des terres (comme l’élevage ou l’agriculture intensive), hésitent à adopter des mesures restrictives. Les conflits d’intérêts entre développement économique et préservation de l’environnement compliquent aussi les négociations. Par exemple, des projets d’irrigation ou de monoculture, bien que rentables à court terme, accélèrent souvent la désertification. La COP17 doit donc trouver un équilibre entre croissance économique et durabilité, tout en impliquant les acteurs privés, comme les entreprises agroalimentaires, dans des pratiques plus responsables.

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