« On ne peut plus accepter » : Cancer Colère et des agriculteurs bio s'allient contre les pesticides
Au Pays basque, le collectif local de Cancer Colère a organisé une mobilisation devant la permanence d'un sénateur à Biarritz, le 29 août. De quoi dénoncer la réintroduction des pesticides et faire un pont avec les paysans venus en soutien.
L’article relate la formation d’une alliance entre l’association Cancer Colère et des agriculteurs engagés dans le bio. Cette coalition vise à dénoncer l’usage des pesticides en agriculture, jugés responsables de risques sanitaires et environnementaux. Cancer Colère est une association française qui milite pour la reconnaissance des cancers liés à des facteurs environnementaux, notamment chimiques. Les agriculteurs bio, quant à eux, pratiquent une agriculture sans pesticides de synthèse, en privilégiant des méthodes naturelles pour préserver la santé des sols et des consommateurs. Leur collaboration repose sur un constat commun : l’exposition aux pesticides, même à faible dose, pourrait contribuer à l’augmentation des cas de cancers et à la dégradation des écosystèmes. L’objectif affiché est de faire pression sur les pouvoirs publics pour obtenir des mesures plus strictes contre ces substances.
L’article souligne les liens entre l’exposition aux pesticides et les risques pour la santé humaine, notamment l’augmentation des cas de cancers. Selon Cancer Colère, ces substances chimiques, utilisées massivement en agriculture conventionnelle, seraient impliquées dans des pathologies comme les leucémies, les lymphomes ou les cancers du cerveau. L’association s’appuie sur des études épidémiologiques qui montrent une corrélation entre la proximité des zones agricoles traitées et l’incidence de certains cancers. Par exemple, une étude citée dans l’article indique que les enfants vivant à moins de 500 mètres d’un champ traité aux pesticides auraient un risque accru de 50 % de développer une leucémie. Ces données alimentent le débat sur la nécessité de réduire drastiquement l’usage des pesticides en France, où environ 70 000 tonnes de produits phytosanitaires sont épandus chaque année.
L’article met en avant la croissance de l’agriculture biologique en France, présentée comme une alternative aux méthodes conventionnelles. Les agriculteurs bio refusent l’usage de pesticides de synthèse, d’engrais chimiques et d’OGM, et privilégient des pratiques respectueuses de l’environnement et de la santé. Leur nombre a fortement augmenté ces dernières années : en 2023, la France comptait près de 60 000 exploitations bio, couvrant 10 % de la surface agricole utile. Cette progression s’inscrit dans un contexte de demande accrue des consommateurs pour des produits sains et durables. Cependant, les agriculteurs bio font face à des défis économiques, comme des coûts de production plus élevés et des difficultés à écouler leurs récoltes à des prix compétitifs. Leur alliance avec Cancer Colère vise à renforcer leur voix dans le débat public.
Les deux acteurs de cette alliance formulent des revendications communes pour réduire l’usage des pesticides. Ils demandent notamment l’interdiction totale des substances les plus dangereuses, comme le glyphosate, un herbicide controversé classé comme probablement cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC). Ils réclament également une meilleure protection des riverains des zones agricoles, en imposant des distances minimales entre les champs traités et les habitations. Enfin, ils appellent à un soutien accru pour la transition vers l’agriculture biologique, via des aides financières et des formations pour les agriculteurs. Ces mesures s’inscrivent dans le cadre de la Stratégie nationale pour la réduction des pesticides, lancée en 2008, mais dont les résultats restent jugés insuffisants par les associations.
L’article évoque les réponses apportées par les autorités françaises face à ces revendications. En 2020, le gouvernement a annoncé un plan de réduction de 50 % des pesticides d’ici 2030, dans le cadre du *Plan Écophyto 2*. Cependant, les associations critiquent le manque de moyens alloués à ce plan et son application jugée trop lente. Par ailleurs, certains élus locaux ou nationaux soutiennent les agriculteurs conventionnels, qui craignent pour leur compétitivité si les restrictions s’intensifient. Le débat oppose donc deux visions de l’agriculture : l’une, portée par les écologistes et les associations, prône une sortie rapide des pesticides ; l’autre, défendue par une partie du monde agricole et certains industriels, met en avant la nécessité de préserver la productivité et les emplois dans le secteur.

