Représentation artistique : l’Autorité de la concurrence recommande de revoir le plafond des commissions et de généraliser les mandats écrits
Représentation artistique : l’Autorité de la concurrence recommande de revoir le plafond des commissions et de généraliser les mandats écrits Concurrence.
Le secteur de la représentation artistique dans le cinéma et l’audiovisuel français est très concentré, selon l’Autorité de la concurrence. Deux groupes dominent largement le marché : le groupe Adéquat/Artmedia, qui occupe une position centrale, et, dans une moindre mesure, l’agence UBBA. Cette concentration pose plusieurs problèmes, notamment en termes de pouvoir de marché et de risques de pratiques anticoncurrentielles. Par exemple, un petit nombre d’acteurs pourrait influencer les castings, limiter les opportunités pour les artistes ou imposer des conditions désavantageuses. L’Autorité souligne que cette situation peut entraîner une dégradation des services proposés aux artistes, comme une réduction de l’accompagnement personnalisé ou une augmentation des frais prélevés sur leurs revenus. Le secteur est donc analysé sous l’angle de la concurrence pour éviter les abus de position dominante, un concept clé du droit de la concurrence qui désigne une situation où une entreprise peut imposer ses conditions à ses partenaires ou concurrents sans craindre de perdre des parts de marché.
L’Autorité de la concurrence a identifié plusieurs risques liés à cette concentration du secteur. Le premier est le blocage des castings, c’est-à-dire la possibilité pour les grands groupes de contrôler l’accès aux rôles dans les productions cinématographiques ou audiovisuelles. Cela pourrait réduire la diversité des choix artistiques et limiter les opportunités pour les nouveaux talents. Un deuxième risque concerne la dégradation des services aux artistes : les agences pourraient privilégier les artistes les plus rentables au détriment des autres, ou réduire la qualité de leur accompagnement (négociation des contrats, gestion des droits, etc.). Enfin, l’Autorité craint l’émergence de conflits d’intérêts, par exemple si une agence représente à la fois des artistes et des producteurs, ce qui pourrait fausser le jeu de la concurrence. Ces risques sont d’autant plus préoccupants que le secteur est en pleine expansion, avec une demande croissante pour des contenus audiovisuels.
Pour atténuer ces risques, l’Autorité de la concurrence formule deux recommandations principales dans son avis publié le 1er octobre 2026. La première est de revoir le plafond des commissions prélevées par les agences sur les revenus des artistes. Actuellement, ces commissions peuvent atteindre des niveaux élevés, ce qui pèse sur la rémunération nette des artistes. La seconde recommandation est de généraliser les mandats écrits entre les artistes et leurs agences. Un mandat écrit est un contrat qui définit clairement les missions de l’agence, les droits et obligations des deux parties, ainsi que les modalités de rémunération. Cette mesure vise à éviter les malentendus, les abus ou les pratiques opaques. Ces recommandations s’inscrivent dans une logique de transparence et d’équilibre des rapports de force entre les artistes et les agences, qui sont souvent en position de faiblesse face à ces dernières.
L’**Autorité de la concurrence** est une autorité administrative indépendante française, créée en 2008. Son rôle est de veiller au respect des règles de concurrence sur les marchés, afin de protéger les consommateurs, les entreprises et l’économie dans son ensemble. Dans le cadre de cet avis, elle agit en tant que régulateur pour identifier les risques de concentration excessive ou de pratiques anticoncurrentielles. Son avis du **1er octobre 2026** s’adresse aux pouvoirs publics, aux professionnels du secteur et aux artistes. Il n’a pas de valeur contraignante, mais il peut servir de base à des décisions législatives ou réglementaires futures. L’Autorité peut également saisir le ministre de l’Économie ou engager des procédures devant les tribunaux pour faire appliquer les règles de concurrence.

