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Géopolitique

Les ressources en or guinéennes, cibles tentantes pour l’insurrection djihadiste au Mali voisin

Courrier International · mis à jour il y a 7 j

L’Institut d’études et de sécurité Afrique pointe du doigt plusieurs “vulnérabilités internes” de la Guinée, et notamment l’importance d’un secteur informel organisé autour des mines d’or artisanales qui pourrait aiguiser l’appétit des djihadistes du GSIM, présents de l’autre côté de la frontière avec le Mali..

Menace djihadiste au Mali

Le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (GSIM), une organisation djihadiste active au Mali, multiplie les attaques près de la frontière avec la Guinée depuis deux ans. Selon l’Institut d’études de sécurité Afrique (ISS Africa), ces attaques ciblent notamment des postes de police, des bureaux de douane et des sites miniers chinois situés côté malien. Le GSIM, présent dans le Sahel central, cherche à étendre son influence et à contrôler des zones riches en ressources naturelles, comme l’or, pour financer ses activités. La Guinée, qui partage plus de 800 kilomètres de frontière avec le Mali, est particulièrement exposée à cette menace en raison de sa proximité géographique et de ses propres vulnérabilités internes.

Vulnérabilités de la Guinée

La Guinée présente plusieurs faiblesses structurelles qui pourraient faciliter l’infiltration du GSIM. L’une d’elles est l’existence d’un secteur informel organisé autour des mines d’or artisanales, notamment dans la préfecture de Siguiri, une zone aurifère située près de la frontière malienne. Ce secteur échappe en partie au contrôle de l’État, créant un terreau propice aux trafics et aux tensions intercommunautaires. Les chercheurs de l’ISS Africa soulignent également l’importance des trafics d’or, de bétail et d’armes, ainsi que des réseaux de contrebande, qui pourraient servir de sources de financement ou de logistique pour les djihadistes. Ces vulnérabilités sont aggravées par des tensions locales persistantes autour de la convoitise des ressources aurifères.

Réponse militaire guinéenne

Face à cette menace, le président guinéen Mamadi Doumbouya a créé en avril 2026 un Commandement des opérations spéciales, une structure interarmées chargée de lutter contre l’expansion du terrorisme. Cette initiative est saluée par les experts, qui y voient une prise de conscience nécessaire. Cependant, les chercheurs de l’ISS Africa mettent en garde contre une réponse purement militaire, estimant qu’elle ne suffira pas à résoudre les causes profondes du problème. Selon eux, une approche globale, intégrant la régulation de l’économie aurifère et la réduction des trafics, serait indispensable pour endiguer durablement la menace djihadiste.

Rôle de l’économie de l’or

L’or joue un rôle central dans cette dynamique. D’une part, il représente une ressource convoitée par les groupes djihadistes, qui y voient une source de financement via le contrôle des zones d’orpaillage. D’autre part, l’économie informelle de l’or en Guinée, souvent illégale ou non régulée, crée des déséquilibres économiques et sociaux propices à l’instabilité. Les chercheurs soulignent que les affrontements dans la région de Siguiri, où se concentrent les activités minières, sont directement liés à cette convoitise autour des ressources aurifères. Par ailleurs, l’orpaillage illégal est souvent associé à d’autres trafics, comme celui des armes, renforçant ainsi les réseaux criminels dans la région.

Ce que ça pourrait changer

Une autre source de préoccupation est l’évolution des axes logistiques entre le Mali et la Guinée. Les autorités maliennes envisagent d’utiliser le **corridor Conakry-Bamako** (reliant la capitale guinéenne à celle du Mali) comme alternative aux routes traditionnelles Dakar-Bamako et Abidjan-Bamako pour acheminer du carburant. Cette nouvelle route, qui passe près de la ville guinéenne de **Kourémalé** (située à proximité de Siguiri), pourrait attirer l’attention du GSIM. Les experts craignent que le groupe djihadiste ne cherche à étendre ses activités le long de cet axe, profitant des faiblesses structurelles de la Guinée pour y installer des bases arrière ou des points de contrôle.

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