Dans le Finistère, les maraîchers subissent encore les effets de la sécheresse
La chaleur et la sécheresse des derniers mois n'ont pas permis aux légumes de pousser comme prévus. Avec des conséquences sur les productions qui devraient se voir dans les étals et rayons jusqu'à cet hiver.
Dans le Finistère, la sécheresse qui sévit depuis plusieurs mois a fortement perturbé les cultures maraîchères. Les pluies attendues n’ont pas permis de compenser le manque d’eau, prolongeant ainsi les difficultés pour les agriculteurs. Cette situation, inhabituelle pour une région comme le Finistère, où les précipitations sont généralement abondantes, a des répercussions directes sur les récoltes. Les températures élevées et l’absence de précipitations significatives ont empêché les légumes de pousser normalement, ce qui affectera les approvisionnements jusqu’à l’hiver 2026.
Les conséquences de cette sécheresse sont visibles sur les champs du Finistère. Par exemple, Morgane Toux, maraîchère dans le nord du département, n’a pas pu récolter une partie de ses carottes de sable, une variété locale typique de la région. Même les cultures comme les topinambours, les pommes de terre ou les choux ont souffert. Valentin Breton, un producteur bio de Plouvorn, a perdu près des deux tiers de ses navets, radis noirs et rutabagas, et tous ses choux chinois ont « cramé » à cause de la chaleur. Les choux-fleurs et brocolis, attendus entre décembre 2026 et février 2027, ne seront pas disponibles comme prévu, avec un tiers des plants morts. Ces pertes entraînent des baisses de rendement importantes pour les agriculteurs.
Face à cette situation, les maraîchers ont dû s’adapter. La famille Toux a travaillé de jour comme de nuit pour arroser leurs cultures, se relayant pour utiliser les tours d’eau disponibles. Cependant, ces efforts n’ont pas suffi à compenser le manque d’eau. Seule une minorité d’agriculteurs, comme ceux de Santec, disposent d’un réseau d’irrigation, ce qui est rare dans le nord du Finistère. Les autres doivent partager les ressources en eau entre eux, ce qui limite encore davantage leur capacité à sauver leurs récoltes. Les choix à faire sont difficiles, car l’eau est une ressource précieuse et limitée.
La sécheresse n’a pas touché toutes les cultures de la même manière. Marc Kerangueven, producteur de salades et président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon, souligne que la situation varie selon les productions, les types de sols et la géographie locale. Certaines cultures ont mieux résisté que d’autres, mais aucune n’a été épargnée. Cette hétérogénéité montre que même dans une région touchée par la sécheresse, les conséquences dépendent de nombreux facteurs locaux. Les agriculteurs les plus fragiles pourraient ne pas survivre à ces difficultés, ce qui pose la question de la résilience de certains exploitations.
Plusieurs acteurs clés sont mentionnés dans cet article. Morgane Toux et sa famille, ainsi que Valentin Breton et son frère, représentent les maraîchers directement touchés par la sécheresse. Marc Kerangueven, en tant que président de la Sica de Saint-Pol-de-Léon, incarne la voix des coopératives agricoles locales. La Sica est une structure qui regroupe des producteurs pour mutualiser les ressources et commercialiser leurs produits sous la marque *Prince de Bretagne*, une référence en Bretagne. Ces acteurs illustrent les défis économiques et humains auxquels sont confrontés les agriculteurs face aux aléas climatiques.

