Orano (ex-Areva) : données RH et salariales de 4 700 employés étaient open-bar en interne
Il y a toute une panoplie de types de fuites de données. Celle du jour n’était pas directement accessible depuis Internet, mais des « milliers de salariés » d’Orano pouvaient consulter les données RH et salariales très détaillées de leurs collègues.
Orano, groupe français spécialisé dans le recyclage de combustibles nucléaires, a révélé une faille de sécurité majeure dans son système informatique interne. Selon un message adressé aux employés et consulté par le média Next, des dossiers de travail numériques contenant des informations relatives à la rémunération et aux avantages sociaux de près de 4 700 salariés ont été rendus accessibles à un public non autorisé. Ces données, normalement protégées par des règles de confidentialité strictes, ont été exposées sur un serveur informatique partagé dédié aux activités de recyclage du groupe. La direction a précisé que les accès ont été immédiatement bloqués dès la découverte de cette faille, puis que tous les serveurs RH (ressources humaines) ont été déconnectés par mesure de précaution, le temps d’une analyse approfondie des restrictions d’accès.
L’incident concerne spécifiquement les salariés des activités de recyclage d’Orano, soit environ 4 700 collaborateurs. Parmi les données exposées figurent non seulement les salaires, mais aussi des informations sensibles comme les performances individuelles, les retours de congé maternité ou encore les avantages sociaux attribués aux employés. Ces éléments, habituellement réservés à un cercle restreint de responsables RH ou de managers, ont donc pu être consultés par des personnes non habilitées. La direction a souligné que cette situation n’aurait jamais dû se produire, reconnaissant implicitement une défaillance dans la gestion des accès aux données. Le groupe a par ailleurs rappelé que la copie, la diffusion ou l’exploitation non autorisée de ces informations est illicite et passible de sanctions légales.
Face à cette faille, Orano a mis en avant ses procédures de sécurité existantes, affirmant avoir toujours veillé à protéger les données personnelles de ses employés. La société a indiqué que ces règles avaient même été renforcées après une alerte survenue en décembre 2025, soit plusieurs mois avant la découverte de l’incident actuel. Dans son message interne, la direction a également mis en garde les salariés contre toute tentative de conservation ou de diffusion des documents consultés, qualifiant ces actes de traitement illicite puni par la loi. Enfin, Orano a ordonné la destruction immédiate de toute copie non autorisée des données, tout en procédant à une révision complète des restrictions d’accès à ses serveurs RH. Ces mesures visent à restaurer la confiance et à éviter de nouvelles fuites.
Cet incident survient dans un contexte où la protection des *données personnelles* est un enjeu majeur pour les entreprises, notamment depuis l’entrée en vigueur du *Règlement général sur la protection des données* (RGPD) en Europe. Orano, anciennement connu sous le nom d’Areva, opère dans un secteur hautement régulé, celui du nucléaire, où la confidentialité et la sécurité des informations sont des priorités absolues. La faille révèle une vulnérabilité dans la gestion interne des accès aux données sensibles, malgré les *processus et procédures* mis en place. Pour les 4 700 salariés concernés, cet incident soulève des questions sur la fiabilité des systèmes de leur employeur et sur la protection effective de leurs informations personnelles et professionnelles.

