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Culture

“Nettoyage ethnique” en Cisjordanie : le boycott est-il la bonne réponse ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 11 j

12 pays, dont la France et le Royaume-Uni, ont rejoint un mouvement initié l’an dernier par l’Espagne, qui consiste au boycott des produits des colonies israéliennes en Cisjordanie en réponse à l'escalade des violences. Mais, le boycott est-il la bonne réponse pour faire plier Israël ?.

Boycott des colonies

Depuis 2025, plusieurs pays européens, dont l'Espagne, ont lancé un mouvement de boycott des produits issus des colonies israéliennes en Cisjordanie. En septembre 2026, ce mouvement s'est élargi avec l'adhésion de 12 pays, dont la France, le Royaume-Uni et le Canada. Ce boycott vise à sanctionner la politique israélienne de colonisation, jugée illégale par une partie de la communauté internationale. Les colonies sont des implantations de populations israéliennes en Cisjordanie, un territoire palestinien occupé depuis 1967. Ces colonies sont considérées comme illégales par le droit international, notamment par l'ONU, car elles s'étendent sur des terres revendiquées par les Palestiniens pour un futur État. En 2026, la colonisation s'est intensifiée, avec un rythme inédit, selon les experts. Israël, qui conteste cette qualification d'illégalité, a réagi en annonçant des mesures de rétorsion économiques contre les pays participants.

Accusation de nettoyage ethnique

Le boycott est justifié par certains pays, comme le Royaume-Uni, par l'accusation de nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie. Ce terme désigne des actions visant à déplacer de force une population d'un territoire, souvent pour modifier la composition démographique d'une région. Dans le contexte de l'article, cette accusation fait référence à des politiques israéliennes, comme la destruction de maisons palestiniennes, les restrictions de mouvement ou les expulsions, qui pourraient réduire la présence palestinienne dans certaines zones. Depuis le 7 octobre 2024, plus de 1 000 Palestiniens ont été tués en Cisjordanie, selon les données citées. Ces violences s'inscrivent dans un contexte de tensions accrues depuis les attaques du Hamas en Israël et la riposte israélienne à Gaza. Les défenseurs du boycott estiment que ces mesures visent à marginaliser les Palestiniens et à faciliter l'expansion des colonies.

Réactions israéliennes

Israël a réagi vivement à l'annonce du boycott, qualifiant cette décision de discriminatoire et d'injuste. Le gouvernement israélien a annoncé des mesures de rétorsion, bien que leur nature exacte ne soit pas précisée dans l'article. Historiquement, Israël considère les colonies comme un élément stratégique de sa sécurité et rejette les accusations de nettoyage ethnique. Le pays argue que les violences en Cisjordanie sont principalement le fait de groupes armés palestiniens et que les mesures de contrôle sont nécessaires pour lutter contre le terrorisme. Les colonies, qui abritent environ 700 000 Israéliens, sont un sujet de division majeur dans le conflit israélo-palestinien. Leur expansion est souvent perçue comme un obstacle à la création d'un État palestinien viable.

Débat sur l'efficacité

La question centrale de l'article est de savoir si le boycott est une réponse efficace à la situation en Cisjordanie. Les partisans du boycott, comme le ministre britannique des Affaires étrangères Ed Miliband, estiment que cette pression économique peut pousser Israël à modifier sa politique. Ils s'appuient sur des précédents historiques où des sanctions internationales ont contribué à des changements politiques, comme en Afrique du Sud pendant l'apartheid. Cependant, des experts comme Patrice Paoli, ancien ambassadeur au Proche-Orient, soulignent que le boycott pourrait aussi renforcer la position des colons israéliens, qui pourraient se sentir isolés et adopter une posture plus radicale. Le politologue Ziad Majed ajoute que sans une solution politique globale, incluant un dialogue entre Israéliens et Palestiniens, les mesures économiques pourraient rester sans effet durable.

Rôle des experts

L'émission de France Culture rassemble trois experts pour analyser cette situation. Sylvaine Bulle, sociologue spécialiste des conflits, étudie les dynamiques de pouvoir et les rapports de force en Cisjordanie. Patrice Paoli, ancien ambassadeur, apporte une perspective diplomatique et historique sur les relations entre Israël et la communauté internationale. Ziad Majed, politologue, se concentre sur les enjeux politiques du conflit et les perspectives de paix. Leurs analyses montrent que le boycott est un outil parmi d'autres dans une stratégie plus large, mais qu'il ne peut à lui seul résoudre un conflit aussi complexe que celui israélo-palestinien. Leur débat met en lumière les limites des mesures économiques isolées dans un contexte de violence persistante.

Ce que ça pourrait changer

L'article est publié le 9 septembre 2026, dans un contexte de tensions extrêmes en Cisjordanie. Depuis octobre 2024, les violences entre Israéliens et Palestiniens se sont intensifiées, avec plus de 1 000 morts palestiniens en Cisjordanie. La colonisation, qui s'accélère depuis 2025, est au cœur des tensions. Ce boycott s'inscrit dans une série de mesures internationales prises pour tenter de faire pression sur Israël. Cependant, son efficacité reste incertaine, d'autant que certains pays, comme les États-Unis, n'ont pas rejoint ce mouvement. Le débat reste ouvert sur la meilleure façon de résoudre un conflit qui dure depuis des décennies et qui oppose deux peuples pour le même territoire.

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