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Géopolitique

Quelles sont les leçons de la guerre en Ukraine pour l’Armée populaire de libération ?

Le Grand Continent · mis à jour il y a 2 j

Pour l’armée chinoise, la guerre en Ukraine n’est qu’une « phase transitoire » de la guerre moderne, avant l’utilisation à grande échelle de l’intelligence artificielle et des essaims de drones. L’article Quelles sont les leçons de la guerre en Ukraine pour l’Armée populaire de libération ? est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Chine et Russie alliés

La Chine soutient militairement la Russie dans sa guerre contre l’Ukraine, notamment en fournissant des composants pour drones et en autorisant l’usage de technologies à double usage, utiles aussi bien pour des applications civiles que militaires. Depuis deux ans, des soldats chinois s’entraînent au pilotage de drones et au combat urbain dans un complexe militaire russe à Volgograd, dans le sud-ouest de la Russie. Cet apprentissage permet à l’Armée populaire de libération (APL) de combler son manque d’expérience opérationnelle, la Chine n’ayant pas mené de guerre significative depuis 1979, lors d’un conflit frontalier avec le Vietnam. Pékin observe particulièrement les tactiques russes de lutte anti-drone en mer Noire, une stratégie qui pourrait s’avérer cruciale en cas d’invasion ou de blocus naval autour de Taïwan.

Priorité aux drones

L’APL considère la guerre en Ukraine comme une phase transitoire avant l’émergence d’une guerre « intelligente », dominée par l’intelligence artificielle (IA) et les essaims de drones. Un éditorial du Quotidien de l’APL, journal officiel de l’armée chinoise, publié le 16 août 2026, souligne la nécessité de faire des forces de combat anti-systèmes sans pilote une priorité stratégique majeure. L’objectif est de développer des systèmes d’équipements de pointe et un entraînement réaliste pour prendre l’avantage dans ce nouveau type de conflit. L’innovation tactique, rendue possible par l’IA et le big data, devient le principal moteur du développement des équipements militaires, inversant la logique traditionnelle où les contraintes technologiques dictaient les stratégies de combat.

Nouveaux paradigmes

Selon l’APL, les conflits modernes ne sont plus limités par les conditions matérielles ou technologiques, mais par la capacité à innover rapidement et à adapter les équipements aux besoins tactiques. L’armée chinoise ne se contente plus de « se battre avec l’arme qu’elle a », mais cherche à « fabriquer l’arme pour la guerre qu’elle mène ». Cette approche repose sur trois piliers : l’utilisation intensive de l’IA pour analyser les données du champ de bataille, la rapidité du cycle d’innovation pour devancer l’ennemi, et une organisation optimisée des chaînes d’approvisionnement. Ces changements visent à transformer la manière dont les conflits sont menés, en passant d’une guerre traditionnelle à une guerre « intelligente », où la supériorité technologique détermine l’issue des batailles.

Ce que ça pourrait changer

La Chine s’inspire directement des innovations ukrainiennes, comme le système *Pasika*, développé par l’entreprise Sine Engineering. Ce système permet à un seul opérateur de contrôler simultanément plusieurs drones, formant un *essaim* pouvant compter jusqu’à 100 engins évoluant sur terre, en mer et dans les airs comme une seule unité coordonnée. Pour renforcer cette capacité, la Chine a annoncé le développement d’un *vaisseau-mère* nommé *Jiutan*, capable de transporter jusqu’à 100 drones sur plusieurs milliers de kilomètres au sein d’une structure alvéolaire. Ces technologies visent à donner à l’APL un avantage décisif dans les conflits futurs, en combinant puissance de feu, flexibilité et rapidité d’exécution.

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