Julia Ducournau va réaliser une adaptation de « Mon vrai nom est Elisabeth », le best-seller d’Adèle Yon
La réalisatrice de « Titane » a été choisie par l'autrice de ce best-seller vendu à 282 000 exemplaires..
La réalisatrice française Julia Ducournau, connue pour son film Titane qui a remporté la Palme d’or en 2021, a été choisie pour adapter au cinéma le roman Mon vrai nom est Élisabeth de l’autrice Adèle Yon. Ce projet marque une nouvelle étape dans la carrière de Ducournau, qui s’éloigne ainsi des univers qu’elle avait explorés jusqu’ici pour se confronter à un récit hybride. Le livre, publié en 2025, s’est écoulé à 282 000 exemplaires en France selon les données GFK et a été traduit dans 21 langues, témoignant de son succès international. Adèle Yon, qui est à la fois enseignante en cinéma et cheffe de cuisine, a expliqué dans un entretien au journal Le Monde avoir reçu de nombreuses propositions de réalisateurs, mais avoir finalement opté pour Julia Ducournau en raison de son approche artistique et de son indépendance.
Le roman Mon vrai nom est Élisabeth se distingue par sa forme hybride, mêlant plusieurs genres littéraires. Il s’agit à la fois d’une enquête familiale, d’un essai et d’un récit intime. L’histoire retrace la vie de Betsy, l’arrière-grand-mère de l’autrice, qui a été internée pour démence dans les années 1950. Ce récit explore des thèmes comme les violences intra-familiales, le poids des secrets familiaux et l’emprise du patriarcat. Adèle Yon a précisé qu’elle ne participerait pas à l’adaptation cinématographique, mais qu’elle travaillait en parallèle sur une version théâtrale de son livre, co-écrite avec Liora Jaccottet. Cette adaptation sera jouée à partir de février au Théâtre du Rond-Point à Paris.
Julia Ducournau est une réalisatrice reconnue pour son univers visuel marqué par des thèmes comme la transgression, le corps et les questions de genre. Son film Titane, qui lui a valu la Palme d’or en 2021, est souvent associé au genre du body horror, un sous-genre du cinéma d’horreur qui met en scène des transformations physiques extrêmes. Ducournau a été décrite par Adèle Yon comme une artiste « fascinante, féministe et indépendante », capable de donner une nouvelle dimension à son récit. Le livre, déjà riche en éléments mystérieux et en références à des fantômes, semble offrir à la réalisatrice un terrain propice pour explorer des thèmes chers à son cinéma, tout en abordant des enjeux sociaux et historiques.
L’adaptation cinématographique de *Mon vrai nom est Élisabeth* s’inscrit dans un contexte où les récits familiaux et les questions de santé mentale sont de plus en plus présents dans la culture populaire. Le roman d’Adèle Yon, en mêlant enquête et introspection, reflète cette tendance à explorer les silences et les traumatismes hérités des générations précédentes. Julia Ducournau, avec son approche audacieuse et son style visuel distinctif, pourrait apporter une lecture originale de ce récit, en le transformant en un film de genre captivant. Parallèlement, l’adaptation théâtrale prévue au Théâtre du Rond-Point permettra au public de découvrir une autre interprétation de cette histoire, sous une forme différente.

