NapseflowNapseflow
Généraliste

Turquie : près de 1000 mandats d’arrêt 10 ans après le putsch raté

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 24 j

Le coup d'État manqué de 2016 a fait 250 morts et 2000 blessés..

Coup d'État raté de 2016

Le 15 juillet 2016, une partie de l’armée turque a tenté de renverser le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan lors d’un putsch. Cet événement a causé la mort de plus de 250 personnes et fait 2 000 blessés. Les autorités turques ont immédiatement attribué cette tentative à un réseau dirigé par le prédicateur musulman Fethullah Gülen, basé aux États-Unis, où il est décédé en 2024. Gülen, ancien allié politique d’Erdogan, aurait orchestré ce coup d’État depuis l’étranger avec son organisation, appelée güleniste ou FETÖ (Fethullahçı Terör Örgütü, soit Organisation terroriste de Fethullah en turc). Cette accusation n’a jamais été prouvée publiquement de manière indépendante.

Répression massive post-coup

Après le putsch raté, le gouvernement turc a instauré l’état d’urgence jusqu’en 2018 et lancé des purges massives dans plusieurs secteurs clés de la société. Ces purges ont touché l’armée, la police, les médias, la justice, l’administration publique, la diplomatie et le système éducatif. Selon les autorités, des centaines de milliers de personnes ont été arrêtées, et des dizaines de milliers ont été limogées ou contraintes à l’exil. Ces mesures ont profondément transformé la société turque, laissant des traces durables sur ses institutions et sa population. Le gouvernement a justifié ces actions par la nécessité d’éliminer toute menace liée au réseau güleniste.

Nouveaux mandats d’arrêt

Dix ans après le putsch, les procureurs turcs ont ordonné l’arrestation de près de 1 000 nouveaux suspects liés au réseau güleniste. Le ministre de la Justice, Akin Gurlek, et le ministre de l’Intérieur, Mustafa Ciftci, ont annoncé que la police recherchait 968 personnes pour leur lien présumé avec FETÖ, un acronyme désignant la structure étatique parallèle que le gouvernement accuse les gülenistes d’avoir mise en place. Les responsables ont qualifié cette opération de grande campagne de purification et réaffirmé leur détermination à lutter contre ce réseau, qu’ils présentent comme une menace pour la stabilité du pays. Ces mandats s’inscrivent dans une stratégie continue de lutte contre FETÖ.

Ce que ça pourrait changer

Le putsch manqué de 2016 a marqué un tournant dans l’histoire politique moderne de la Turquie. Il a permis au président Recep Tayyip Erdogan de renforcer son contrôle sur le pays en justifiant des réformes autoritaires et des purges. Selon les autorités, cet événement a révélé une tentative de déstabilisation majeure, renforçant la légitimité d’Erdogan aux yeux de ses partisans. La semaine précédant l’annonce des mandats d’arrêt, le ministre de l’Intérieur a envoyé une lettre aux gouverneurs des 81 provinces turques, décrivant le 15 juillet 2016 comme un *tournant fondateur et incontestable* dans l’histoire du pays. Ces mesures ont contribué à consolider le pouvoir d’Erdogan et à marginaliser ses opposants.

Sujets complémentaires