NapseflowNapseflow
Sciences

Même avec des marqueurs d’Alzheimer, une alimentation moins inflammatoire pourrait réduire le risque de démence de 30 %

Science & Vie · mis à jour il y a 16 j

De nouveaux travaux révèlent que se nourrir sainement non seulement réduit le risque de démence d’une façon générale, mais est aussi bénéfique aux personnes chez qui des marqueurs précoces de la maladie ont été détectés. Cela permet en effet de retarder l'apparition des symptômes, et donc d’allonger la durée de vie sans démence..

Biomarqueurs Alzheimer

Les biomarqueurs sanguins sont des indicateurs biologiques mesurables qui révèlent des processus liés à des maladies, comme la maladie d’Alzheimer. Dans cette étude, ils incluent des marqueurs de modifications protéiques, de lésions des cellules nerveuses ou de stress cérébral. Présenter un taux élevé de ces marqueurs suggère un risque accru de démence, mais ne garantit pas son développement. Par exemple, certaines personnes avec des marqueurs élevés ne développeront jamais la maladie, tandis que d’autres, avec des marqueurs bas, pourraient en être atteintes. Ces marqueurs sont donc des signaux d’alerte, mais pas des prédictions certaines. Les chercheurs du Karolinska Institutet en Suède ont exploré si un mode de vie, notamment l’alimentation, pouvait influencer ce risque même après la détection de ces marqueurs.

Étude suédoise

Une étude suédoise a suivi 1 900 adultes de 60 ans et plus pendant jusqu’à 15 ans pour évaluer l’impact de l’alimentation sur le risque de démence. Aucun participant ne présentait de démence au début de l’étude, mais 240 d’entre eux ont développé la maladie au cours du suivi. Les chercheurs ont analysé les habitudes alimentaires des participants à plusieurs reprises, en se concentrant sur des profils alimentaires globaux plutôt que sur des aliments ou nutriments isolés. Trois critères ont été retenus pour évaluer la qualité de l’alimentation : l’adhésion à un régime méditerranéen, la conformité aux recommandations nutritionnelles et le potentiel inflammatoire du régime. L’objectif était de déterminer si une alimentation saine pouvait réduire le risque de démence, même chez les personnes présentant des marqueurs biologiques élevés.

Résultats clés

Les résultats montrent que les participants avec une alimentation de meilleure qualité avaient un risque de démence plus faible, y compris ceux dont les marqueurs sanguins indiquaient un risque élevé. Le facteur le plus déterminant était le potentiel inflammatoire de l’alimentation. Chez les personnes à risque, un régime anti-inflammatoire réduisait le risque de démence de 30 %. Cette réduction est une moyenne entre groupes et ne s’applique pas à un individu spécifique. L’étude souligne que l’inflammation chronique de bas grade, une inflammation « silencieuse » persistante, pourrait jouer un rôle clé dans le vieillissement cérébral et la démence. Cependant, cette étude est observationnelle : elle établit des liens entre alimentation, marqueurs et risque, mais ne prouve pas de relation de cause à effet.

Alimentation anti-inflammatoire

Une alimentation à faible potentiel inflammatoire repose sur des choix alimentaires globaux plutôt que sur un régime strict. Elle privilégie les légumes, fruits, céréales complètes, légumineuses, thé et café, tout en limitant la viande rouge, la charcuterie, les céréales raffinées et les boissons sucrées. Des recherches antérieures ont montré que ce type d’alimentation réduit le risque de démence chez les personnes âgées atteintes de maladies cardiométaboliques, comme le diabète de type 2 ou les maladies cardiaques. L’inflammation chronique affecte le cerveau de deux manières : directement, en activant en permanence le système immunitaire autour des cellules cérébrales, et indirectement, en endommageant les vaisseaux sanguins, en favorisant la résistance à l’insuline et en altérant la santé cardiovasculaire.

Limites et précautions

Cette étude présente des limites importantes. D’abord, l’alimentation des participants a été évaluée via des questionnaires, une méthode qui peut manquer de précision. Ensuite, les participants étaient principalement des habitants d’une zone urbaine suédoise, en bonne santé moyenne et avec un niveau d’éducation élevé, ce qui limite la généralisation des résultats à d’autres populations. De plus, l’étude ne peut établir de lien de cause à effet entre alimentation et risque de démence, seulement des associations. Aucun régime, aussi sain soit-il, ne peut éliminer totalement le risque de démence, car d’autres facteurs comme l’âge, la génétique ou l’état de santé cardiovasculaire jouent également un rôle. Les chercheurs appellent à des études complémentaires pour identifier les aliments et nutriments spécifiques qui sous-tendent ces associations.

Ce que ça pourrait changer

Bien que cette étude ne fournisse pas de recommandations définitives, elle suggère que même en présence de marqueurs biologiques élevés pour la démence, adopter une alimentation saine reste bénéfique pour la santé cérébrale. Pour réduire l’inflammation, il est conseillé de privilégier les aliments riches en fibres, en antioxydants et en bonnes graisses, tout en limitant les produits transformés, les sucres ajoutés et les graisses saturées. Une alimentation de type méditerranéen, riche en huile d’olive, en poissons gras et en noix, est souvent citée comme exemple. Cependant, les auteurs insistent sur le fait que ces conseils doivent être adaptés à chaque individu, en tenant compte de son profil biologique et de son état de santé général.

Sujets complémentaires

Ce contenu a été généré par intelligence artificielle à partir de l'article source. Il peut contenir des erreurs ou imprécisions.