Les travaux du plus grand data center d'Europe ont commencé en Île-de-France
Les travaux du data center de Fouju (Seine-et-Marne) ont commencé. Céline Malaisé, conseillère régionale d'Île-de-France (Parti communiste), s'est rendue sur place pour constater que le ballet des bulldozers avait débuté, comme le montrent ses images publiées sur Instagram.
En Île-de-France, les travaux de construction du plus grand data center d’Europe ont officiellement débuté. Ce projet, porté par l’entreprise Equinix, un géant américain spécialisé dans les infrastructures numériques, représente un investissement de 2,5 milliards d’euros. Situé dans la commune de Marcoussis, dans l’Essonne, ce data center s’étendra sur une surface de 30 hectares, soit l’équivalent de 42 terrains de football. Un data center (ou centre de données) est un lieu physique où sont stockées et traitées des quantités massives de données numériques, comme des sites internet, des applications ou des services cloud. Ces infrastructures sont essentielles au fonctionnement d’Internet et des services numériques modernes, mais elles consomment d’énormes quantités d’énergie et d’eau.
Le projet soulève des questions importantes concernant sa consommation énergétique. Selon les estimations, ce data center pourrait nécessiter jusqu’à 150 mégawatts (MW) d’électricité en fonctionnement, soit la consommation électrique de 150 000 foyers français. Pour répondre à cette demande, Equinix prévoit de s’approvisionner en énergie 100 % renouvelable, en partie grâce à des contrats d’achat d’électricité verte (PPA, Power Purchase Agreements). Cependant, des associations locales et des élus écologistes critiquent ce projet, estimant qu’il contribuera à l’artificialisation des sols et à une pression accrue sur le réseau électrique régional. Le site sera également équipé d’un système de refroidissement par eau, une méthode énergivore qui suscite des interrogations sur son impact environnemental.
Le chantier, qui devrait durer jusqu’en 2027, générera environ 1 500 emplois directs et indirects pendant la phase de construction. Une fois opérationnel, le data center emploiera environ 200 personnes en permanence, principalement pour la maintenance et la gestion des infrastructures. Ce projet s’inscrit dans une dynamique économique régionale, avec des retombées attendues pour les entreprises locales et les sous-traitants. Cependant, certains habitants et associations s’inquiètent des nuisances potentielles, comme le bruit ou la pollution lumineuse, liées à l’activité du site. Les autorités locales ont mis en place des mesures d’accompagnement pour limiter ces impacts, comme des études d’impact environnemental et des consultations publiques.
Le projet a reçu le soutien des collectivités locales, dont la région Île-de-France et le département de l’Essonne, qui y voient une opportunité de renforcer l’attractivité économique du territoire. En 2023, la région a adopté un plan pour développer les infrastructures numériques, avec pour objectif de faire de l’Île-de-France un hub européen du numérique. Cependant, des voix s’élèvent pour rappeler que la construction de data centers doit respecter des normes strictes en matière d’efficacité énergétique et de sobriété, notamment dans un contexte de crise climatique. Le projet a également été examiné par la Commission départementale des carrières (CDC) et la Commission européenne, qui ont validé son conformité aux réglementations en vigueur.
La localisation du *data center* à Marcoussis, à proximité de Paris, pose des défis logistiques et infrastructurels. Le site est desservi par des routes départementales et des axes autoroutiers majeurs, comme l’A10, ce qui facilitera l’accès des employés et des fournisseurs. Cependant, la saturation des réseaux électriques et routiers dans la région pourrait être aggravée par ce projet. Pour y remédier, **Equinix** collabore avec **Enedis**, le gestionnaire du réseau électrique français, pour renforcer les infrastructures locales. Des travaux de modernisation du réseau sont prévus, avec un budget de 50 millions d’euros, afin d’éviter les risques de coupures ou de surcharges.

