La CPI sous pression / Menace terroriste en Europe / Eloge de la susceptibilité littéraire en bande dessinée
Ce matin à 7h38, Bérengère Bonte reçoit Philippe Sands, avocat, professeur de droit et écrivain franco-britannique, pour évoquer les pressions croissantes exercées sur la Cour pénale internationale..
La Cour pénale internationale (CPI), basée à La Haye aux Pays-Bas, fait face à des pressions politiques croissantes en juillet 2026. Cette institution judiciaire indépendante, créée en 2002, est chargée de juger les crimes les plus graves comme les génocides, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre. Philippe Sands, avocat et professeur de droit franco-britannique, explique que ces pressions émanent notamment de gouvernements qui contestent ses enquêtes ou ses décisions. Par exemple, certains États refusent de coopérer avec la CPI ou menacent de sanctions ses membres. Ces tensions illustrent un conflit entre la souveraineté nationale et la justice internationale, où les intérêts politiques peuvent entrer en contradiction avec le droit. La CPI, bien que reconnue par 123 pays, reste fragile face à ces défis, d’autant que son budget annuel est de l’ordre de 150 millions d’euros, un montant modeste comparé à d’autres institutions internationales.
Le 26 juillet 2026, un attentat lors de la Gay Pride à Berlin a ravivé les craintes d’une menace terroriste persistante en Europe. Marc Hecker, directeur exécutif de l’Institut français des relations internationales (IFRI) et auteur de l’ouvrage Daesh aux pays des merveilles (2025), analyse cette situation. Selon lui, les groupes terroristes comme Daech (acronyme arabe de l’État islamique) exploitent les failles des sociétés européennes, notamment les divisions sociales et les tensions politiques. L’Allemagne, comme d’autres pays européens, renforce ses dispositifs de sécurité, mais le risque d’attentats reste élevé. En 2025, 14 attentats terroristes ont été déjoués en Europe, selon les données de l’IFRI. Ces événements soulèvent des questions sur l’efficacité des politiques de prévention et sur l’équilibre entre sécurité et libertés individuelles.
Marie Baudet, autrice de la bande dessinée *Criticopolis* publiée chez Glénat en avril 2026, défend une idée originale : la susceptibilité littéraire comme vertu. Dans son œuvre, elle explore comment les auteurs et les lecteurs réagissent aux critiques, souvent perçues comme des attaques personnelles. Baudet suggère que cette sensibilité accrue peut être un signe de vitalité culturelle, où le débat d’idées est pris au sérieux. Elle cite des exemples de polémiques littéraires récentes en France, où des écrivains ou des éditeurs ont été vivement critiqués pour leurs prises de position. Cette susceptibilité, loin d’être un simple caprice, refléterait une société où la littérature reste un espace de confrontation et de réflexion, essentiel pour une démocratie.

