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Culture

Edition : Comment une révolte pourrait-elle faire évoluer le droit des auteurs ?

France Culture - Savoirs · mis à jour il y a 9 j

Suite à ce qu'on a appelé "L'affaire Grasset", 80 anciens auteurs de la maison d'édition Grasset réunis dans le collectif "Les Etats Généreux" publient un livre "La grande évasion" aux éditions Buchet-Chastel. Comment est né ce mouvement collectif qui s'engage pour une clause de confiance ?.

Départ d'Olivier Nora

Le 14 avril, Olivier Nora, directeur des éditions Grasset depuis 2000, est évincé de son poste. Cette décision marque le début d’une crise dans le monde de l’édition française. Olivier Nora était une figure majeure du secteur, ayant dirigé Grasset pendant plus de deux décennies. Son départ est présenté comme un événement déclencheur, bien que les raisons précises de son éviction ne soient pas détaillées dans l’article. Cette situation a rapidement suscité des réactions parmi les auteurs publiés par Grasset, révélant des tensions sous-jacentes dans leurs relations avec l’éditeur.

Révolte des auteurs

Dès le lendemain de l’éviction d’Olivier Nora, plus de 100 auteurs publiés chez Grasset annoncent publiquement qu’ils ne confieront plus leurs prochains livres à cette maison d’édition. Ce boycott massif illustre une rupture de confiance entre les créateurs et leur éditeur historique. Les auteurs concernés incluent des personnalités reconnues comme Vanessa Springora, Tania de Montaigne et Philippe Claudel. Leur décision s’inscrit dans un mouvement plus large de remise en question des pratiques du secteur de l’édition, notamment sur la gestion des droits d’auteur et les rapports de force entre éditeurs et écrivains.

Limites des droits d'auteur

Les auteurs en révolte découvrent une contrainte majeure : bien qu’ils puissent choisir de publier ailleurs, ils ne peuvent pas emporter avec eux les droits sur leurs livres déjà publiés chez Grasset. Ces droits, cédés lors de la signature du contrat initial, restent la propriété de l’éditeur. Cette situation met en lumière un déséquilibre structurel dans le monde de l’édition, où les auteurs, souvent en position de faiblesse face aux maisons d’édition, perdent le contrôle sur leurs propres œuvres après leur publication. Le collectif Les États Généreux est né de cette prise de conscience.

Naissance du collectif

Le collectif Les États Généreux rassemble 80 anciens auteurs de Grasset. Leur objectif est de rééquilibrer les rapports entre auteurs et éditeurs, notamment en exigeant une clause de confiance. Cette clause vise à instaurer des règles plus équitables, comme la possibilité pour les auteurs de récupérer leurs droits après une certaine période ou en cas de non-exploitation de leurs œuvres par l’éditeur. Le collectif publie un livre intitulé La grande évasion, aux éditions Buchet-Chastel, pour porter leurs revendications et sensibiliser le public à ces enjeux. Leur démarche s’inscrit dans une volonté de défendre les intérêts des créateurs face aux logiques économiques des grandes maisons d’édition.

Ce que ça pourrait changer

Les membres de *Les États Généreux* proposent des pistes pour réformer le droit des auteurs. Parmi leurs revendications, on trouve l’introduction d’une *clause de confiance* dans les contrats d’édition, qui permettrait aux auteurs de récupérer leurs droits sous certaines conditions. Ils souhaitent également une meilleure transparence sur les revenus générés par leurs livres et une révision des pratiques contractuelles jugées déséquilibrées. Leur action s’appuie sur des exemples concrets, comme la possibilité pour un auteur de quitter un éditeur si celui-ci ne remplit pas ses obligations, tout en conservant la maîtrise de son œuvre. Leur livre *La grande évasion* sert de manifeste pour ces propositions.

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