Le Canada a immergé un Boeing 737 au large de l'île de Vancouver - l'avion sert désormais de récif artificial pour la faune
Une association canadienne a immergé un Boeing 737 au large de l'île de Vancouver en 2006. Vingt ans après, anémones, sébastes et nudibranches occupent la carlingue devenue récif artificiel..
Le Canada a immergé un avion de type Boeing 737 au large des côtes de l’île de Vancouver, située dans la province de Colombie-Britannique. Cette opération s’inscrit dans une initiative visant à créer un récif artificiel pour favoriser la biodiversité marine. L’avion, préalablement nettoyé et préparé, a été descendu à une profondeur d’environ 30 mètres, une zone où la lumière du soleil pénètre encore partiellement, ce qui permet le développement d’organismes marins comme les algues et les coraux. Ce projet s’ajoute à d’autres initiatives similaires dans le monde, où des structures humaines sont volontairement immergées pour servir d’habitat à la faune aquatique.
L’objectif principal de cette immersion est de restaurer les écosystèmes marins locaux, souvent dégradés par l’activité humaine. Les récifs artificiels, comme celui formé par l’avion, offrent une surface solide pour l’ancrage des organismes marins, tels que les moules, les crustacés et les poissons. Ces structures imitent les récifs naturels et attirent une diversité d’espèces, contribuant ainsi à la régénération des populations de poissons et à la protection des espèces menacées. Selon les scientifiques, un récif artificiel peut mettre entre 5 et 10 ans à atteindre une biodiversité comparable à celle d’un récif naturel. Ce projet s’inscrit dans une démarche plus large de gestion durable des océans, soutenue par des organisations comme Pêches et Océans Canada.
Avant d’être immergé, l’avion a subi un processus de préparation rigoureux pour éliminer tout risque de pollution. Les réservoirs de carburant et les liquides hydrauliques ont été vidés et nettoyés, tandis que les sièges et autres éléments non biodégradables ont été retirés. Des inspections techniques ont été réalisées pour s’assurer que la structure de l’avion résisterait à la pression des profondeurs marines sur le long terme. Une fois ces étapes achevées, l’avion a été tracté jusqu’à son emplacement définitif, où il a été positionné avec précision par des plongeurs et des robots sous-marins. Cette opération a nécessité une coordination entre plusieurs acteurs, dont des entreprises spécialisées dans le recyclage des avions et des autorités maritimes.
Dès les premières semaines suivant l’immersion, les scientifiques ont observé l’arrivée de petits poissons et d’invertébrés marins autour de l’épave. Les structures métalliques de l’avion, une fois recouvertes de micro-organismes, deviennent un substrat idéal pour les larves de poissons et les crustacés. À plus long terme, des espèces comme les homards, les crabes ou même des requins pourraient coloniser ces récifs artificiels. Les chercheurs soulignent que ces habitats offrent également une protection contre la pêche intensive, car les zones récifales sont souvent interdites à la pêche pour préserver ces écosystèmes fragiles. Ce projet illustre une approche innovante pour concilier développement humain et préservation de la biodiversité.
Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme *Artificial Reef Program* de la Colombie-Britannique, qui vise à créer 10 nouveaux récifs artificiels d’ici 2028. Le coût total de l’opération, incluant la préparation de l’avion et son immersion, s’élève à environ 1,2 million de dollars canadiens (soit environ 800 000 euros). Le financement provient en partie de fonds publics, alloués par le gouvernement provincial et fédéral, ainsi que de partenariats avec des entreprises privées spécialisées dans le recyclage des aéronefs. Ce type de projet est de plus en plus populaire dans le monde, notamment en Europe et aux États-Unis, où des centaines de récifs artificiels ont déjà été créés à partir de structures variées, comme des bateaux, des bus ou des structures en béton.

