Au Japon, un terme officiel pour qualifier les jours de “chaleur cruelle”
Face à l’accélération du changement climatique et à la hausse des températures, l’Agence météorologique japonaise emploie désormais une nouvelle appellation pour désigner les journées où le mercure atteint ou dépasse les 40 °C : “kokusho-bi”, qui signifie “jour de chaleur cruelle”..
Le Japon traverse une vague de chaleur exceptionnelle en juillet 2020, avec des températures dépassant les 40°C pendant plusieurs jours consécutifs. Le 23 juillet, le mercure a atteint 41,1°C à Sakuma, dans la ville de Hamamatsu, située dans le centre du pays. Ces conditions extrêmes, qui se prolongent jusqu’au 25 juillet, sont liées au dérèglement climatique et s’inscrivent dans une tendance à l’aggravation des épisodes de canicule. Le site météorologique Tenki.jp souligne l’ampleur de cet épisode, marqué par des records locaux et une persistance inhabituelle des fortes chaleurs. Ces températures élevées, souvent associées à un taux d’humidité élevé, rendent les conditions particulièrement difficiles pour la population, notamment dans les zones urbaines densément peuplées.
Pour alerter la population face à ces températures extrêmes, l’Agence météorologique japonaise (JMA) a introduit un nouveau terme officiel en avril 2020 : le kokusho-bi, qui signifie littéralement « jour de chaleur cruelle » ou « jour de chaleur terrible ». Ce terme a été choisi à la suite d’un sondage public organisé par l’agence, qui proposait aux Japonais de sélectionner une appellation pour désigner les jours où la température maximale atteint ou dépasse 40°C. Bien que le mot kokusho existait déjà dans le langage courant, il s’agit désormais d’une dénomination météorologique officielle, dotée d’une définition précise et reconnue. Les médias japonais, comme la chaîne TV Asahi, ont rapidement adopté ce terme, l’utilisant dans leurs bulletins météo pour mettre en garde contre les risques sanitaires liés à ces épisodes.
L’introduction du terme kokusho-bi répond à un besoin croissant de mieux communiquer sur les dangers des canicules extrêmes, devenues plus fréquentes et intenses au Japon en raison du changement climatique. Avant cette innovation, les alertes météo se limitaient à des termes comme « forte chaleur » ou « canicule », sans distinction pour les températures les plus critiques. Le processus de sélection du mot a impliqué la participation des citoyens, reflétant une volonté de rendre les informations météorologiques plus accessibles et compréhensibles. Depuis son adoption officielle, le kokusho-bi est intégré dans les prévisions et les communications des autorités, afin d’inciter la population à adopter des mesures de précaution, comme éviter les sorties aux heures chaudes ou s’hydrater régulièrement.
Les vagues de chaleur extrême, comme celle observée en juillet 2020, posent des risques majeurs pour la santé publique au Japon. Les températures dépassant 40°C peuvent entraîner des coups de chaleur, des déshydratations, voire des décès, en particulier chez les personnes vulnérables comme les personnes âgées ou celles souffrant de maladies chroniques. Les autorités japonaises, conscientes de ces dangers, utilisent désormais le terme *kokusho-bi* pour sensibiliser la population et encourager des comportements adaptés. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de prévention des risques climatiques, alors que les scientifiques prévoient une augmentation de la fréquence et de l’intensité des canicules dans les années à venir.

