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En Inde, les plus anciennes traces de vie jamais datées auraient été retrouvées dans une roche de 3

Science & Vie · mis à jour 29 août

Un chert indien daté de 3,497 milliards d'années renferme un carbone appauvri en carbone 13. Ses auteurs y lisent un tapis microbien fossile.

Découverte en Inde

Une équipe de chercheurs aurait identifié dans une roche indienne les traces de vie les plus anciennes jamais datées, remontant à 3,5 milliards d’années. Cette découverte, si elle est confirmée, dépasse de 500 millions d’années les précédentes traces de vie connues, comme celles retrouvées en Australie ou au Groenland. La roche en question provient de la région de Singhbhum, dans l’est de l’Inde, une zone géologiquement stable où des formations rocheuses anciennes sont bien préservées. Les scientifiques ont analysé des structures microscopiques dans la roche, appelées stromatolithes, qui sont des empilements de couches minérales formés par des communautés de micro-organismes il y a des milliards d’années. Ces traces, bien que controversées, pourraient révolutionner notre compréhension de l’apparition de la vie sur Terre.

Méthodes d'analyse

Pour dater ces traces de vie, les chercheurs ont utilisé une technique appelée datation radiométrique, qui mesure la désintégration d’isotopes radioactifs dans les minéraux de la roche. Plus précisément, ils se sont concentrés sur l’uranium et le plomb, deux éléments dont les isotopes se transforment à des rythmes connus au fil du temps. En comparant les proportions de ces isotopes, ils ont pu estimer l’âge de la roche à 3,5 milliards d’années. Par ailleurs, des analyses microscopiques ont révélé des structures en forme de couches, typiques des stromatolithes, ces formations créées par des bactéries il y a des milliards d’années. Ces méthodes combinées permettent aux scientifiques de reconstituer l’histoire géologique et biologique de la Terre primitive.

Implications scientifiques

Si cette découverte est validée par la communauté scientifique, elle pourrait bouleverser plusieurs théories sur l’émergence de la vie. Jusqu’à présent, les plus anciennes traces de vie connues dataient d’environ 3 milliards d’années, avec des fossiles de bactéries retrouvés en Australie et au Groenland. Retrouver des traces de vie aussi anciennes en Inde suggère que la vie est apparue très tôt après la formation de la Terre, il y a environ 4,5 milliards d’années. Cela implique que les conditions nécessaires à la vie – comme la présence d’eau liquide et une atmosphère primitive – étaient déjà réunies bien plus tôt que prévu. Cette découverte pourrait aussi aider à mieux comprendre comment la vie a évolué et s’est diversifiée sur notre planète.

Réactions et débats

Cette annonce suscite à la fois de l’enthousiasme et de la prudence dans la communauté scientifique. Certains chercheurs saluent une avancée majeure, tandis que d’autres appellent à la prudence, soulignant que les traces de vie anciennes sont souvent difficiles à interpréter sans ambiguïté. Les stromatolithes, par exemple, peuvent aussi se former par des processus géochimiques non biologiques, ce qui rend leur interprétation délicate. Des analyses supplémentaires seront nécessaires pour confirmer que ces structures sont bien d’origine biologique. Des équipes internationales pourraient collaborer pour étudier cette roche et valider ou infirmer ces résultats, un processus qui pourrait prendre plusieurs années.

Ce que ça pourrait changer

La région de *Singhbhum*, où la roche a été découverte, est connue pour ses formations géologiques anciennes et bien préservées. Il y a 3,5 milliards d’années, cette zone faisait partie d’un continent primitif, entouré d’océans où la vie microbienne commençait à se développer. Les roches de cette région contiennent des indices précieux sur les conditions environnementales de l’époque, comme la composition de l’atmosphère ou la température des océans. Ces données aident les scientifiques à reconstituer le climat et les écosystèmes de la Terre primitive, une période encore mal comprise. Cette découverte s’inscrit donc dans un effort plus large pour comprendre comment la vie a pu émerger et survivre dans des conditions extrêmes.

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