Allégations de viol collectif : le président de Cornell promet plus de transparence
« Je pense qu’en tant qu’administration et en tant que communauté, nous devons faire mieux », a-t-il dit..
En 2024, une étudiante de l’université Cornell, désignée sous le pseudonyme Jane Doe dans les documents judiciaires, a porté plainte contre l’établissement et sept anciens étudiants pour viol collectif présumé. Cet événement s’est produit dans une maison de fraternité, une association étudiante réservée aux hommes, courante dans les universités américaines. La jeune femme accuse ces anciens membres d’avoir commis des agressions sexuelles alors qu’elle était dans un état d’intoxication avancé, probablement due à des drogues ou de l’alcool. L’affaire a été rendue publique en 2026, déclenchant une vague d’indignation et de critiques envers la gestion de l’université. Le président de Cornell, Michael Kotlikoff, a qualifié cette semaine de l’une des plus difficiles de l’histoire de l’établissement, soulignant l’ampleur du choc et de la souffrance engendrés par cette affaire.
Face à la pression croissante, Michael Kotlikoff, président de Cornell, a reconnu publiquement le 3 octobre 2026 que la gestion de cette affaire avait été insuffisante et que l’université devait faire mieux. Il a exprimé son soutien à une enquête indépendante, demandée par la gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, et a annoncé que des détails sur cette enquête seraient communiqués la semaine suivante. Kotlikoff a également reconnu que le manque de transparence de Cornell avait nourri un climat de méfiance, tout en invoquant des contraintes juridiques et de confidentialité pour expliquer les limites de ses communications. Il a promis d’améliorer le dialogue avec les étudiants, les parents et les autres parties prenantes, tout en soutenant des réformes législatives pour renforcer les lois contre les agressions sexuelles dans l’État de New York.
Cette affaire a relancé un débat juridique autour d’une faille dans la loi de l’État de New York concernant les agressions sexuelles impliquant des personnes intoxiquées volontairement. Selon cette loi, il est difficile de poursuivre une agression sexuelle si la victime a consommé de l’alcool ou des drogues de son plein gré, même si elle se retrouve incapable de donner son consentement. Le procureur du comté de Tompkins, Matthew Van Houten, a utilisé cet argument pour justifier son refus initial d’engager des poursuites, estimant que la déposition de la victime mentionnait une consommation volontaire de substances. Des critiques demandent depuis longtemps la suppression de cette faille, qui crée une distinction entre les victimes rendues incapables par des substances administrées sans leur consentement et celles qui se sont volontairement enivrées. La gouverneure Kathy Hochul s’est engagée à faire pression pour modifier cette loi.
Michael Kotlikoff a également appelé à un examen approfondi du rôle des fraternités et des sororités (associations étudiantes féminines) sur le campus de Cornell. Bien que ces groupes puissent offrir un sentiment d’appartenance et de soutien aux étudiants, Kotlikoff a souligné qu’ils devaient aussi promouvoir une culture de responsabilité individuelle et de reddition de comptes. Il a rappelé que faire partie d’un groupe ne devait en aucun cas réduire la responsabilité personnelle de chacun, notamment en matière de traitement des autres et de signalement de situations dangereuses. L’université prévoit d’associer étudiants, anciens élèves et autres membres de la communauté pour évaluer comment préserver les aspects positifs de ces associations tout en renforçant la sécurité, la transparence et la responsabilité sur le campus.
Depuis la révélation de l’affaire, la pression sur Cornell n’a cessé de croître. Lors d’une audience de l’assemblée étudiante, plusieurs intervenants ont réclamé la démission de Michael Kotlikoff, critiquant la gestion de l’affaire par l’université. La gouverneure Kathy Hochul, interrogée sur cette possibilité, a refusé de se prononcer, affirmant ne pas disposer encore d’informations suffisantes. Par ailleurs, des initiatives législatives visant à modifier les lois sur les agressions sexuelles dans l’État de New York ont reçu le soutien de Cornell. L’affaire a mis en lumière les tensions entre la nécessité de protéger les victimes et les contraintes juridiques, ainsi que les défis liés à la culture festive et à la consommation d’alcool sur les campus américains.

