Poilievre se rend à Détroit pour plaider en faveur d’un « libre-échange sans tarifs »
La guerre commerciale est un enjeu central de la campagne en vue des élections de mi-mandat au Michigan..
Pierre Poilievre, chef du Parti conservateur du Canada, s'est rendu à Détroit, aux États-Unis, le 13 octobre 2026, pour plaider en faveur d'un commerce automobile sans droits de douane. Il a participé à une émission sur CNN et tenu une conférence de presse à Windsor, en Ontario, avant de traverser la frontière. Poilievre a rencontré des responsables d'usines General Motors à Détroit et Ford à Dearborn, ainsi que des représentants de la Fraternité internationale des ouvriers en électricité. Il était accompagné de membres du caucus conservateur de la région de Windsor. Le but de cette visite était de promouvoir une coopération économique renforcée entre le Canada et les États-Unis, malgré les tensions commerciales récentes.
Poilievre a attribué la baisse de production automobile des deux côtés de la frontière à la guerre commerciale entre le Canada et les États-Unis. Selon lui, cette situation profite davantage à des concurrents comme la Chine qu'aux deux pays. Il a souligné que les droits de douane, ou tarifs douaniers, imposés par les États-Unis sur les voitures canadiennes s'élèvent à 25 %, et que le président Donald Trump menace de les augmenter à 50 % à partir du 1er janvier 2027 en représailles aux mesures canadiennes. Cette escalade menace les emplois et les économies des deux côtés de la frontière, alors que les deux pays partagent une relation commerciale vieille de plus de 200 ans.
Poilievre a défendu l'idée d'un libre-échange sans tarifs entre le Canada et les États-Unis, affirmant que cette approche permettrait aux deux pays d'obtenir des prix plus bas et plus d'emplois. Il a précisé que sa visite à Détroit n'était pas une ingérence dans les affaires américaines, mais une démarche visant à défendre les intérêts communs. Il a également mentionné que les Américains, comme les Canadiens, souhaitent éviter une escalade des tensions commerciales, qui ne fait que renforcer les positions de rivaux étrangers. Son plaidoyer s'inscrit dans un contexte électoral aux États-Unis, où la guerre commerciale est un enjeu majeur.
La guerre commerciale est un sujet central dans l'État du Michigan, berceau de l'industrie automobile américaine, à l'approche des élections de mi-mandat aux États-Unis. Mike Rogers, candidat républicain au Sénat dans le Michigan, a récemment changé de position en publiant une vidéo où il affirme que le Canada n'est pas un ennemi et qu'il faut mettre fin à la guerre commerciale. Lors d'un débat avec son adversaire démocrate, il a exprimé son souhait de conclure un accord avec le Canada, jugeant les tarifs douaniers actuels trop élevés. Cette évolution reflète une prise de conscience des risques économiques liés à l'escalade des tensions commerciales.
Les tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis ne sont pas nouvelles. En 2018, le président américain Donald Trump a mis fin aux négociations commerciales avec le Canada après qu'une publicité ontarienne, diffusée pendant la Série mondiale, a utilisé des extraits de l'ancien président Ronald Reagan critiquant les droits de douane et soutenant le libre-échange. Les pourparlers ont finalement repris, mais en août 2026, le premier ministre canadien Mark Carney a suspendu les échanges avec les États-Unis, accusant ces derniers de formuler des exigences déraisonnables. Cette suspension a encore compliqué les relations commerciales entre les deux pays.
Poilievre a critiqué la guerre commerciale, la qualifiant d'*absurde* et de contre-productive, car elle affaiblit les deux économies au profit de concurrents étrangers comme la Chine. Il a souligné que les droits de douane de 25 % sur les voitures canadiennes, et la menace d'une augmentation à 50 %, risquent d'aggraver la situation économique des deux côtés de la frontière. Selon lui, une coopération renforcée et l'élimination des tarifs douaniers permettraient de stimuler l'emploi et de réduire les coûts pour les consommateurs, tout en renforçant la compétitivité des industries automobiles nord-américaines face à la concurrence internationale.

