Il y a 3.000 ans, les Grecs portaient des bijoux venus de l'espace
Des bagues et sceaux vieux de plusieurs millénaires auraient été fabriqués avec du fer tombé du ciel. C'est ce que révèle l'analyse d'une centaine d'objets issus de trente-trois sites archéologiques grecs..
Des fouilles archéologiques menées sur trente-trois sites grecs ont révélé que les élites de la Grèce antique et de la Crète portaient des bijoux en fer datant de l'âge du bronze, il y a environ 3 000 ans. Ces sépultures, réservées aux personnes influentes, contenaient des bagues et des sceaux fabriqués avec ce métal rare pour l'époque. Le fer était alors un matériau précieux, bien moins utilisé que le bronze ou l'or. Les chercheurs Matthieu Gounelle et Eleni Mantzourani ont analysé plus de quatre-vingt-dix de ces artefacts, conservés dans divers musées, pour comprendre leur origine et leur composition.
Environ un tiers des bijoux étudiés contiennent du fer provenant de météorites, identifié grâce à une technique d'analyse chimique appelée fluorescence X portable. Cette méthode permet de mesurer la composition des matériaux en étudiant l'énergie réémise sous forme de rayons X lorsqu'ils sont exposés à des rayons X. Le fer météoritique se distingue par une teneur élevée en nickel, un élément rare dans le fer terrestre de l'époque. Les bagues, objets les plus recherchés en Méditerranée à cette période, étaient souvent fabriquées avec ce matériau, ce qui en faisait des symboles de statut social.
Les artefacts en fer météoritique retrouvés dans les tombes étaient généralement associés à d'autres métaux précieux comme l'or, l'argent ou le bronze. Ces bijoux, souvent des sceaux ou des bagues à lunette, étaient placés aux côtés d'objets de valeur, ce qui suggère qu'ils représentaient un signe de pouvoir, d'autorité ou de richesse. Leur rareté et leur origine lointaine, potentiellement importée d'Égypte où les météorites étaient plus fréquentes, renforçaient encore leur valeur symbolique et leur statut d'objets de prestige.
Le fer météoritique était extrêmement rare en Grèce à cette époque, ce qui pose la question de son approvisionnement. Les chercheurs estiment qu'il pourrait avoir été importé depuis des régions comme l'Égypte, où les éclats de météorites étaient plus abondants dans les déserts. Cette hypothèse est étayée par la découverte d'objets similaires en Égypte, comme le poignard de Toutânkhamon, fabriqué avec du fer d'origine extraterrestre. Ces échanges commerciaux entre civilisations montrent l'importance des réseaux d'approvisionnement dans l'Antiquité.
Pour étudier ces artefacts, les chercheurs ont utilisé une technologie moderne : la *fluorescence X portable*. Cette technique non destructive permet d'analyser la composition chimique des objets sans les endommager. Elle a révélé que certains bijoux contenaient du nickel, un indicateur clé de l'origine météoritique du fer. Cette méthode a été appliquée sur plus de quatre-vingt-dix pièces, offrant des résultats précis et fiables pour comprendre l'histoire de ces objets rares.

