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Société

Le meurtre du «Dahlia noir» serait-il lié à ceux du tueur du Zodiaque? C'est la théorie de Michael Connelly

Slate FR · mis à jour il y a 2 h

Elizabeth Short a été retrouvée mutilée à Los Angeles en janvier 1947, sans que son meurtre ne soit jamais élucidé. Aujourd'hui, le romancier affirme qu'un ancien infirmier militaire pourrait être responsable de sa mort, mais aussi de plusieurs crimes attribués au tueur du Zodiaque..

Connelly et son obsession

Michael Connelly, auteur américain de polars à succès avec plus de quarante ouvrages vendus à environ 90 millions d’exemplaires, s’est inspiré de son expérience de journaliste spécialisé dans les affaires criminelles pour créer le personnage de Harry Bosch. Connelly admire particulièrement les enquêteurs qui refusent d’abandonner une affaire, même après des décennies sans résolution. Cette détermination a marqué la police de Los Angeles, au point qu’une citation de Bosch – « Une ville qui oublie ses victimes est une ville perdue » – a été gravée sur une plaque offerte à l’écrivain. À 70 ans, Connelly reste obsédé par l’idée qu’une ville ne peut tourner la page tant qu’un meurtre reste inexpliqué. Cette passion l’a poussé à relancer l’enquête sur l’un des crimes les plus célèbres de Los Angeles, celui d’Elizabeth Short, surnommée le « Dahlia noir », après avoir été convaincu par des anciens policiers qu’un amateur avait résolu l’affaire.

Le podcast et la théorie

Pour explorer une nouvelle piste, Connelly a lancé le podcast Killer in the Code, dont la deuxième saison examine l’hypothèse selon laquelle Marvin Margolis, un ancien infirmier militaire de la Seconde Guerre mondiale, pourrait être responsable de deux crimes emblématiques : le meurtre d’Elizabeth Short en 1947 et les cinq assassinats attribués au tueur du Zodiaque à la fin des années 1960. Connelly affirme avoir des preuves totalement convaincantes contre Margolis, bien que cette thèse divise la communauté des passionnés de faits divers. Margolis avait déjà été évoqué comme suspect dans l’affaire Short, mais jamais avec une telle certitude. Son lien avec les crimes du Zodiaque est une nouveauté qui suscite des réactions vives. L’enquête s’appuie notamment sur le travail d’Alex Baber, un autodidacte qui aurait résolu un cryptogramme du Zodiaque, le code Z13, grâce à l’intelligence artificielle. Baber aurait identifié Marvin Merrill, un pseudonyme utilisé par Margolis.

Le profil de Margolis

Marvin Margolis, ancien infirmier militaire, aurait été profondément marqué par la bataille d’Okinawa pendant la Seconde Guerre mondiale, au cours de laquelle il serait resté enseveli pendant près de 24 heures. Après la guerre, il aurait suivi des cours de médecine, pratiqué des dissections et vécu avec un ancien cryptographe militaire. Elizabeth Short aurait séjourné chez lui pendant douze jours, quelques semaines avant sa mort en 1947. En 1949, un enquêteur de la police de Los Angeles le décrivait déjà comme un suspect possiblement très sérieux, bien qu’il n’ait jamais été inculpé. Son parcours et ses compétences médicales nourrissent la théorie de Connelly, qui voit en lui un meurtrier méthodique et organisé, capable de commettre des crimes à plusieurs décennies d’intervalle.

Le Dahlia noir et ses mythes

Elizabeth Short, 22 ans, a été retrouvée morte le 15 janvier 1947 dans un terrain vague de Leimert Park, à Los Angeles. Son corps mutilé a été exposé en une par la presse, donnant naissance au surnom du « Dahlia noir ». Pour Connelly, cette légende a souvent éclipsé la réalité d’une jeune femme vulnérable, seule et confrontée à une violence extrême. L’affaire continue de hanter Los Angeles car elle incarne le destin de ceux qui viennent dans la ville avec l’espoir d’y trouver une nouvelle vie. Près de 80 ans après les faits, le mystère reste entier, et Connelly espère raviver l’attention pour faire émerger un nouvel indice et rendre à Elizabeth Short son statut de victime réelle, trop souvent effacé par le mythe.

Ce que ça pourrait changer

La théorie de Connelly est loin de faire l’unanimité. Des spécialistes de l’affaire contestent la solidité des preuves avancées, tandis que des cryptographes jugent le *code Z13* trop court pour permettre une solution fiable. David Oranchak, qui avait participé au déchiffrement d’un autre message du Zodiaque, accuse l’équipe du podcast de sélectionner les indices favorables à sa théorie. D’autres chercheurs soutiennent que Margolis se trouvait ailleurs au moment des crimes du Zodiaque et que son changement de nom pouvait s’expliquer par l’*antisémitisme* de l’époque plutôt que par une volonté d’échapper à la police. Malgré ces objections, Connelly assume le risque pris pour sa réputation. La police de Los Angeles examinerait actuellement certains éléments médico-légaux susceptibles de relier Margolis au meurtre d’Elizabeth Short, bien que les autorités n’aient pas confirmé officiellement cette information.

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