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Environnement

« On ne va pas se laisser faire » : la riposte contre le futur parc Dragon Ball commence

Reporterre · mis à jour il y a 2 j

Remontés contre le projet de parc d'attraction près de Cergy-Pontoise, un collectif d'habitants dénonce un « projet d'un autre temps », monté sans concertation citoyenne et aux effets écologiques et sociaux délétères. Auxerre (Yonne), reportage « C'est une honte : on a été mis devant le fait accompli.

Projet controversé du parc

Un projet de parc à thème inspiré de l'univers Dragon Ball est en développement dans la commune de Saint-Quentin-Fallavier, située dans le département de l'Isère, en région Auvergne-Rhône-Alpes. Porté par l'entreprise japonaise Toyo Sangyo, ce parc de loisirs prévu pour 2026 vise à attirer des millions de visiteurs avec des attractions basées sur l'univers de la célèbre série manga. Les opposants au projet, regroupés sous le nom de collectif Non au parc Dragon Ball, dénoncent son impact environnemental et son manque de concertation avec les habitants. Le site choisi, actuellement une zone naturelle et agricole, pourrait voir sa biodiversité menacée par les aménagements prévus.

Mobilisation citoyenne

Face à l'annonce du projet, un mouvement de résistance s'est organisé localement. Le collectif Non au parc Dragon Ball rassemble des habitants, des associations écologistes comme France Nature Environnement (FNE) Isère et des élus locaux opposés au projet. Leur slogan, « On ne va pas se laisser faire », illustre leur détermination à bloquer le parc. Des actions de sensibilisation, des réunions publiques et des recours juridiques sont en cours pour contester l'autorisation du projet. Les opposants pointent notamment l'absence d'étude d'impact environnemental suffisamment détaillée et craignent une artificialisation des sols, un phénomène qui désigne la transformation de terres naturelles ou agricoles en zones urbaines ou industrielles.

Enjeux économiques

Les partisans du parc mettent en avant ses retombées économiques potentielles. Selon eux, le projet pourrait créer plus de 500 emplois directs et indirects et générer plus de 100 millions d'euros de recettes annuelles pour la région. Toyo Sangyo promet des investissements importants, estimés à plus de 200 millions d'euros, pour la construction et l'exploitation du parc. Cependant, les opposants remettent en cause ces chiffres, soulignant que les bénéfices pourraient être captés par des acteurs extérieurs à la région et que les coûts environnementaux et sociaux ne sont pas pris en compte dans ces estimations.

Arguments écologiques

Les défenseurs de l'environnement alertent sur les risques écologiques liés au projet. La zone prévue pour le parc abrite des espèces protégées et des milieux naturels fragiles. Une étude préliminaire mentionne la présence de plus de 20 espèces végétales protégées et de plusieurs zones humides, essentielles pour la biodiversité locale. Les opposants craignent également une augmentation de la pollution liée au transport des visiteurs et à la consommation d'énergie du parc. Ils rappellent que la France s'est engagée à réduire son artificialisation des sols de 50 % d'ici 2030, un objectif menacé par ce type de projet.

Procédures juridiques

Le collectif Non au parc Dragon Ball a déposé un recours gracieux auprès de la mairie de Saint-Quentin-Fallavier pour demander l'annulation de la délibération autorisant le projet. Ce recours, soutenu par des associations comme FNE Isère, repose sur des arguments juridiques liés à l'absence de concertation préalable et à l'insuffisance des études d'impact. Par ailleurs, une enquête publique est prévue pour recueillir l'avis des habitants, une étape obligatoire pour tout projet d'aménagement majeur. Les opposants espèrent que cette procédure permettra de bloquer le projet avant sa mise en œuvre.

Ce que ça pourrait changer

Le projet divise également les responsables politiques locaux. Certains élus, comme le maire de Saint-Quentin-Fallavier, soutiennent le parc en mettant en avant les emplois et les retombées économiques. D'autres, notamment des membres de l'opposition ou des élus écologistes, s'y opposent fermement. Le député écologiste **Julien Bayou** a interpellé le gouvernement sur ce projet, soulignant son incompatibilité avec les objectifs de transition écologique. La région Auvergne-Rhône-Alpes, dirigée par la présidente **Laurent Wauquiez** (Les Républicains), n'a pas encore pris position officielle, mais son rôle dans l'attribution des subventions pourrait être déterminant.

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