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Plus de 200 prépublications en 2026 : un chercheur utilisant l’IA désespère ses collègues

Next.ink · mis à jour 25 sept.

Depuis le début de l’année, un statisticien de l’université de Chicago, Nicholas Polson, a mis en ligne plus de 200 prépublications. Assumant d’utiliser l’IA générative pour augmenter sa productivité, il soulève l’indignation de ses consœurs et confrères.

Un chercheur prolifique

Nicholas Polson, statisticien bayésien à l’école de commerce Booth de l’université de Chicago, a publié plus de 200 prépublications scientifiques depuis le début de l’année 2026. Une prépublication est un article scientifique mis en ligne avant sa validation par les pairs, souvent sur des plateformes comme SSRN ou arXiv. Ces plateformes permettent aux chercheurs de partager rapidement leurs travaux, mais ne garantissent pas leur qualité. Polson a publié en moyenne six articles par jour en août 2026, avec un pic de 104 documents ce mois-là. À titre de comparaison, un chercheur publie généralement quelques articles par an. Son profil Google Scholar reflète cette activité inhabituelle, mais la plupart de ses articles récents ont depuis été retirés de SSRN, la plateforme où il les avait déposés.

L'IA générative en cause

Polson a reconnu utiliser l’IA générative pour accélérer sa production scientifique. L’IA générative désigne des outils comme les modèles de langage capables de rédiger du texte de manière autonome. Selon lui, ces outils simplifient les tâches fastidieuses, augmentant ainsi sa productivité. Cependant, ses collègues s’interrogent sur la qualité de ces publications. Certains évoquent des slops, un terme désignant des textes générés par IA de faible qualité ou peu rigoureux. Michael Makowsky, économiste à l’université de Clemson, souligne que Polson assume cette méthode, mais que la vérification de la valeur réelle de ces travaux reste à faire. La plateforme SSRN a confirmé que Polson s’était aventuré dans des domaines hors de son expertise habituelle.

Réactions des collègues

Plusieurs chercheurs ont critiqué la méthode de Polson, notamment Auyon Siddiq de l’université de Californie (UCLA) et Jeremy Horpedahl de l’université de Central Arkansas. Horpedahl a calculé que Polson avait produit 258 working papers (prépublications de travail) en huit mois, soit une moyenne de plus de trois par jour. Siddiq a pointé la diversité inhabituelle des thèmes abordés, bien que Polson reste dans des domaines proches de ses spécialités. Les critiques portent aussi sur l’absence de mention explicite de l’utilisation de l’IA dans ses articles, une pratique qui soulève des questions éthiques. Polson a répondu que ses détracteurs agissaient par jalousie, sans apporter de preuve de plagiat ou de fraude.

Retrait des publications

Depuis que ses collègues ont attiré l’attention sur son rythme de publication, Polson a retiré la majorité de ses articles récents de la plateforme SSRN. SSRN (Social Science Research Network) est une plateforme de prépublications en sciences sociales, rachetée par Elsevier en 2016. Sur son profil SSRN, seuls les articles publiés avant octobre 2018 restent visibles. Un article intitulé « Over-parameterization in Statistical Genomics » est désormais inaccessible, avec la mention « Cet article est en cours d’évaluation ou a été retiré de SSRN à la demande de l’auteur ». SSRN a expliqué que le problème principal n’était pas l’absence de mention de l’IA, mais le volume et la diversité inhabituels des soumissions.

Ce que ça pourrait changer

Ce cas illustre les tensions croissantes autour de l’utilisation de l’IA dans la recherche scientifique. D’un côté, les outils d’IA permettent d’accélérer la production de connaissances, ce qui pourrait être bénéfique pour la science. De l’autre, ils soulèvent des questions sur la qualité, l’éthique et la transparence. Les plateformes comme *SSRN* ou *arXiv* ne sont pas conçues pour vérifier la rigueur des travaux publiés, mais pour les diffuser rapidement. Les chercheurs s’interrogent sur la nécessité de réguler ces pratiques, notamment pour éviter une inflation de publications de faible qualité. Ce débat s’inscrit dans un contexte plus large de course aux publications, où la quantité prime parfois sur la qualité.

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