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Vente de la Coupe du monde : le bras de fer entre la FIFA et l’Europe

The Conversation France · mis à jour il y a 7 j

L’ESSENTIEL Le président de la FIFA Gianni Infantino veut ouvrir les compétitions mondiales à des investisseurs privés via une nouvelle filiale commerciale. L’UEFA et plusieurs fédérations européennes dénoncent un projet contraire à l’esprit de ces compétitions et évoquent un boycott.

Projet controversé de la FIFA

Le président de la FIFA, Gianni Infantino, propose de créer une filiale commerciale nommée FIFA Forward Enterprise (FFE) dotée de 20 milliards de dollars (17,3 milliards d’euros). Cette structure aurait pour mission de gérer les droits commerciaux des principales compétitions de la FIFA, comme les Coupes du monde masculine et féminine ainsi que la Coupe du monde des clubs. L’objectif affiché est de « démocratiser le football à l’échelle mondiale » en redistribuant des financements aux fédérations membres. Cependant, ce projet suscite une forte opposition car il implique une privatisation partielle de la FIFA, ce qui pourrait modifier l’équilibre historique du football mondial. Les fédérations européennes, en particulier, y voient une menace pour l’esprit traditionnel des compétitions.

Financements et pressions

Pour inciter les 211 fédérations membres à voter en faveur du projet, Gianni Infantino a mis en place une stratégie de financement conditionnelle. Chaque fédération recevrait 40 millions de dollars (35 millions d’euros) si elle approuve la création de la FFE d’ici au 19 septembre. En revanche, en cas de rejet, leur financement serait réduit de près de 75 %. Cette approche a été critiquée comme une tentative de pression économique, notamment par l’UEFA et plusieurs fédérations européennes. Par ailleurs, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de rapprochement de la FIFA avec des investisseurs privés, comme Thrive Eternal, une société dirigée par Joshua Kushner, frère du gendre de l’ancien président américain Donald Trump.

Contexte politique et géopolitique

Gianni Infantino a renforcé ses liens avec des dirigeants politiques et économiques aux États-Unis et au Moyen-Orient. Il a notamment collaboré avec Donald Trump pour organiser la Coupe du monde 2026 aux États-Unis, un pays dont la qualité démocratique est parfois remise en question. Il a aussi soutenu l’attribution de la Coupe du monde 2034 à l’Arabie saoudite, un allié proche, et a tenté de marginaliser l’UEFA en élargissant la Coupe du monde 2030 à des pays comme le Maroc et l’Arabie saoudite. Ces choix ont été perçus comme une volonté de réduire l’influence européenne dans le football mondial. Infantino a défendu ses actions en qualifiant les critiques de « leçons de morale à sens unique » et d’« hypocrisie ».

Opposition de l’UEFA et risques de boycott

L’UEFA, qui représente les fédérations européennes de football, s’oppose fermement au projet de la FIFA. Elle évoque un possible boycott des prochaines Coupes du monde, une décision qui aurait un coût financier considérable pour les fédérations concernées. Cependant, un tel sacrifice semble peu probable en raison des logiques financières agressives qui dominent également au sein de l’UEFA. L’instance européenne cherche plutôt à faire échouer le projet ou à en obtenir une révision majeure pour préserver ses intérêts. D’autres confédérations, comme la CONCACAF (Amérique du Nord et centrale), ont également critiqué le projet, craignant une hypercommercialisation du football mondial.

Ce que ça pourrait changer

Le conflit entre la FIFA et l’UEFA illustre une fracture plus large dans le football mondial. D’un côté, la FIFA, dirigée par Gianni Infantino, mise sur une logique d’expansion commerciale et de partenariats avec des régimes autoritaires ou des investisseurs privés. De l’autre, l’UEFA défend un modèle plus traditionnel, bien que critiqué pour son manque d’équité envers les petites fédérations. Ce bras de fer met en lumière les tensions entre les valeurs historiques du football et les pressions économiques et politiques qui pèsent sur son avenir. Certains observateurs craignent que cette commercialisation excessive ne transforme profondément la nature des compétitions, au détriment de leur accessibilité et de leur intégrité.

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