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Géopolitique

Économie russe : l’indice de la bourse de Moscou a chuté de 27 % depuis le début de l’année

Le Grand Continent · mis à jour il y a 19 j

La dégradation de la situation économique russe inquiète jusque dans les cercles les plus proches de Vladimir Poutine. L’article Économie russe : l’indice de la bourse de Moscou a chuté de 27 % depuis le début de l’année est apparu en premier sur Le Grand Continent..

Bourse de Moscou en chute libre

L’indice MOEX, qui mesure la performance des principales entreprises cotées à la bourse de Moscou, a perdu 27 % de sa valeur depuis le début de l’année 2026. Ce chiffre ramène cet indice à son niveau le plus bas depuis 2022, une période marquée par l’invasion de l’Ukraine et la rupture des liens économiques avec les pays occidentaux. Par exemple, entre début 2022 et l’automne de cette même année, l’indice avait déjà chuté de 50 %. Après cette crise initiale, la bourse russe avait connu une reprise entre 2023 et 2024, portée par une politique économique dite keynésienne militaire, où l’État a massivement investi dans l’industrie de défense pour soutenir l’économie. En mai 2024, l’indice MOEX avait ainsi atteint 3 500 points, soit une hausse de 75 % par rapport à l’automne 2022. Cette période avait été présentée comme une preuve de la résilience de l’économie russe face aux sanctions internationales.

Sanctions et attaques en hausse

Depuis 2024, les effets cumulés des sanctions économiques imposées par les pays occidentaux se sont intensifiés, pesant sur l’économie russe. Parallèlement, les attaques ukrainiennes ciblant les infrastructures pétrolières et industrielles en Russie se sont multipliées, désorganisant progressivement le secteur énergétique. Ce dernier est un pilier de l’économie russe, car il génère une grande partie des revenus de l’État. La combinaison de ces deux facteurs a contribué à une dégradation progressive de la situation économique du pays, reflétée par la chute récente de l’indice boursier. Cette situation contraste avec les discours optimistes tenus en 2024, où certains médias évoquaient un prétendu échec des sanctions occidentales.

Oligarques en fuite des capitaux

Face à cette dégradation économique et aux craintes d’une intervention accrue de l’État sur les actifs privés, plusieurs oligarques russes, dont certains proches du pouvoir, ont commencé à transférer des milliards de dollars à l’étranger depuis le début de l’année 2026. Selon des sources citées par Bloomberg, ces transferts visent à protéger leur patrimoine en le plaçant dans des actifs comme les cryptomonnaies, l’or, l’immobilier à l’étranger ou des fonds d’investissement privés, notamment dans les pays du Golfe. Ces mouvements de capitaux reflètent une perte de confiance dans la stabilité économique et politique de la Russie, ainsi qu’une crainte de voir leurs avoirs confisqués par l’État en cas de crise majeure.

Menace de saisie des épargnes

Les craintes des investisseurs et des oligarques ne sont pas infondées. En juin 2026, Guennadi Ziouganov, Premier secrétaire du Parti communiste russe, avait déclaré que les citoyens et les entreprises russes détenaient 130 000 milliards de roubles (la monnaie russe), et que 30 000 milliards pourraient être « mobilisés » par le gouvernement de Vladimir Poutine pour renflouer le budget en cas de besoin. Cette déclaration avait été interprétée comme une menace potentielle de saisie partielle des épargnes privées. Ziouganov avait ensuite précisé que ses propos visaient surtout à critiquer la politique économique de la Banque centrale russe et ses taux d’intérêt élevés, mais l’impact psychologique sur les marchés était déjà réel.

Ce que ça pourrait changer

Cette crise économique survient dans un contexte politique déjà tendu en Russie. Le gouvernement de Vladimir Poutine, confronté à des défis croissants sur le plan intérieur et extérieur, mise sur une économie de guerre pour maintenir son pouvoir. Cependant, les sanctions et les attaques ukrainiennes sapent progressivement cette stratégie. La chute de l’indice MOEX, ainsi que les transferts massifs de capitaux par les élites, illustrent une perte de confiance dans la capacité du régime à assurer la stabilité économique à long terme. Ces éléments pourraient affaiblir la position de Poutine, tant sur la scène nationale qu’internationale.

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