La sonde MMX s'envole pour étudier Phobos et Déimos, les lunes de Mars
Ce 19 octobre, la sonde MMX décolle en direction de Mars et ses lunes Phobos et Déimos. Elle rapportera en 2031 les échantillons les plus lointains jamais collectés..
Le 19 octobre 2026 à 21h41, heure française, la sonde Martian Moons eXploration (MMX) a décollé depuis le centre spatial de Tanegashima au Japon. Cette mission spatiale, menée par le Japon avec la participation de la France, des États-Unis et de plusieurs pays européens, vise à explorer les deux lunes de Mars, Phobos et Déimos. La sonde voyagera pendant un an avant d’atteindre son objectif en 2027. Elle restera en orbite autour de Mars pendant environ trois ans pour étudier ces lunes et collecter des échantillons de Phobos, avant de revenir sur Terre en novembre 2030, avec un atterrissage prévu en juillet 2031.
L’un des principaux objectifs de la mission MMX est de déterminer l’origine des lunes de Mars. Deux hypothèses principales sont envisagées : Phobos et Déimos pourraient être des astéroïdes capturés par la gravité de Mars, ou bien les restes d’une collision géante entre Mars et un autre corps céleste. Pour répondre à cette question, la sonde embarque 13 instruments scientifiques, dont des caméras et des spectromètres, comme le MMX InfraRed Spectrometer (MIRS), conçu en France. Ces outils permettront d’analyser la composition de la surface de Phobos, qui est sombre et rougeâtre, et d’y rechercher des traces de molécules organiques ou de glace, suggérées par sa faible densité.
La mission MMX prévoit de se poser deux fois sur Phobos pour y prélever des échantillons de son sol. Au total, 10 grammes de matière seront collectés, ce qui constituera les échantillons les plus lointains jamais rapportés sur Terre. Ces prélèvements seront ensuite ramenés en 2031 et partagés entre les scientifiques du monde entier. La moitié des échantillons sera conservée pour les générations futures, tandis que l’autre moitié sera analysée par des laboratoires, notamment en France. Cette collecte directe permettra d’étudier la composition chimique et minérale de Phobos, offrant des indices précieux sur son histoire et celle de Mars.
La France joue un rôle clé dans cette mission, notamment à travers la conception de deux instruments embarqués sur la sonde MMX. Le premier est le spectromètre infrarouge MIRS, développé en collaboration avec des équipes françaises, qui analysera la composition de la surface de Phobos. Le second est le rover Idefix, également conçu en France, qui sera déployé sur Phobos pour compléter les observations de la sonde. Par ailleurs, une classe française participe à l’événement en se rendant au Japon pour assister au lancement, dans le cadre d’un programme éducatif appelé parrainages de classe. Alain Doressoundiram, astrophysicien à l’Observatoire de Paris-PSL, est l’un des scientifiques français impliqués dans la mission.
Phobos et Déimos, les deux lunes de Mars, ont été découvertes il y a exactement 150 ans, en 1877. Leur étude revêt une importance particulière car elles pourraient contenir des indices sur les conditions qui régnaient dans le système solaire lors de leur formation. Leur faible densité et leur apparence sombre et rougeâtre suggèrent qu’elles pourraient être riches en glace ou en matière organique. Ces caractéristiques en font des cibles privilégiées pour comprendre l’évolution de Mars et des corps célestes similaires. La mission MMX marque ainsi une étape majeure dans l’exploration spatiale, en permettant pour la première fois le retour d’échantillons d’un corps aussi éloigné.

