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Géopolitique

Les ambitions du Maroc sur le Sahara occidental se heurtent aux recommandations de l’ONU

Courrier International · mis à jour il y a 3 j

Alors que le Conseil de sécurité de l’ONU doit se prononcer, le 31 octobre, sur l’avenir de sa mission au Sahara occidental (Minurso), le Maroc cherche à renforcer la prééminence de son plan d’autonomie. Mais dans un rapport ayant fuité dans la presse, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a rappelé la nécessité de consulter le peuple sahraoui sur son avenir, et celle de ramener l’Algérie à la table des négociations..

Conflit historique

Le Sahara occidental est un territoire situé en Afrique du Nord, considéré comme non autonome par l'ONU depuis plus de cinquante ans. Depuis 1975, il est en partie contrôlé par le Maroc, qui revendique sa souveraineté, tandis que le mouvement indépendantiste du Front Polisario, soutenu par l'Algérie, réclame un référendum d'autodétermination pour l'indépendance. À ce jour, 80 % du territoire est sous administration marocaine, mais le statut final reste contesté. Ce conflit oppose deux visions : celle d'un Maroc proposant une autonomie sous sa tutelle, et celle d'un Polisario défendant l'idée d'un État indépendant. La question divise la communauté internationale depuis des décennies.

Plan marocain d'autonomie

En octobre 2025, le Maroc a obtenu un succès diplomatique avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l'ONU, qui qualifie son plan d'autonomie pour le Sahara occidental de solution la plus réalisable. Ce plan prévoit une large autonomie du territoire sous souveraineté marocaine, mais sans indépendance totale. Le Maroc a progressivement rallié plusieurs membres influents du Conseil, dont les États-Unis, la France et le Royaume-Uni, qui soutiennent cette approche. Cependant, ce plan reste contesté par le Polisario et l'Algérie, qui y voient une tentative d'imposer une solution sans consultation réelle des Sahraouis.

Rôle de l'ONU

La Mission des Nations unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (Minurso), créée en 1991, doit voir son mandat renouvelé par le Conseil de sécurité le 31 octobre 2026. Cette mission a pour objectif initial d'organiser un référendum d'autodétermination, mais aucun vote n'a encore eu lieu. Le secrétaire général de l'ONU, António Guterres, a publié un rapport annuel sur la situation, qui a fuité dans la presse. Ce document rappelle l'importance de consulter le peuple sahraoui sur son avenir et de ramener l'Algérie à la table des négociations. Il souligne que toute solution doit respecter le droit à l'autodétermination des Sahraouis, sans imposer de solution préétablie.

Recommandations de Guterres

Dans son rapport, António Guterres insiste sur deux points majeurs : la nécessité d'une consultation libre du peuple sahraoui et l'intégration de l'Algérie dans les négociations. Le rapport propose de soumettre le plan d'autonomie marocain à un référendum local, permettant aux Sahraouis d'accepter ou de rejeter cette solution. Guterres rappelle également que le droit à l'autodétermination est un principe fondamental, et que toute solution doit émerger d'un processus négocié impliquant toutes les parties. Ces recommandations s'opposent en partie au plan marocain, qui vise à imposer une autonomie sans référendum préalable.

Position de l'Algérie

L'Algérie joue un rôle clé dans ce conflit, car elle soutient le Front Polisario et revendique une solution incluant le droit à l'autodétermination. Après sept ans d'absence des négociations directes, Alger a participé à trois cycles de discussions en janvier et février 2026, aux côtés du Maroc, du Polisario et de la Mauritanie. Les États-Unis et l'ONU ont récemment accordé une place plus importante à l'Algérie dans le processus diplomatique. Washington, par la voix de Massad Boulos, conseiller de l'administration Trump, a reconnu le rôle constructif d'Alger, tout en précisant que ce pays ne pouvait imposer une solution. Cette évolution marque un changement dans la dynamique régionale.

Enjeux diplomatiques

Le Maroc compte sur le soutien des États-Unis, qui ont reconnu sa souveraineté sur le Sahara occidental en 2020 sous l'administration Trump. Washington doit rédiger le texte de la résolution soumise au vote du Conseil de sécurité le 31 octobre 2026. Cependant, la position américaine semble évoluer, avec une volonté de ménager à la fois Rabat et Alger. Le rapport de Guterres, bien que favorable à une consultation des Sahraouis, reste le cadre des négociations selon la résolution 2797. Le Maroc espère que les formulations du rapport pourront encore être modifiées avant le vote final, mais les recommandations de l'ONU pourraient limiter ses ambitions.

Ce que ça pourrait changer

Le 31 octobre 2026, le Conseil de sécurité de l'ONU se prononcera sur le renouvellement du mandat de la Minurso. Ce vote sera crucial, car il déterminera l'orientation future des négociations. Le Maroc souhaite faire valider à nouveau son plan d'autonomie, tandis que l'ONU et une partie de la communauté internationale insistent sur la nécessité d'une consultation des Sahraouis. Les prochaines semaines seront déterminantes pour savoir si le plan marocain sera adopté ou si une solution plus inclusive, intégrant les revendications du Polisario et de l'Algérie, émergera. Les négociations restent ouvertes, mais les positions semblent encore très éloignées.

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