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Numérique

Insultée sur LinkedIn, Tara Heuzé-Sarmini doit de nouveau se défendre en urgence

Next.ink · mis à jour il y a 29 j

Insultée sur LinkedIn par un importun, l’entrepreneure Tara Heuzé-Sarmini s’est retrouvée forcée, à deux reprises, d’organiser sa défense en urgence pour faire face à la Justice. Outre interroger les droits de la défense, l’affaire pourrait ouvrir un débat spécifique au numérique : les campagnes de démarchage opérées via les messageries des réseaux sociaux peuvent-elles être […].

Contexte de l'affaire

Tara Heuzé-Sarmini, entrepreneure et fondatrice de l’association Règles Élémentaires contre la précarité menstruelle, est victime d’un harcèlement en ligne sur LinkedIn. En août 2026, elle accepte une demande de contact d’un dirigeant de la société d’investissement Band of Brothers. Peu après, elle reçoit un message de démarchage commercial, qu’elle refuse poliment. Cinq minutes plus tard, elle est insultée par le même interlocuteur. Ce dernier, estimant avoir été offensé par sa réponse, engage une procédure judiciaire pour faire condamner Tara Heuzé-Sarmini à supprimer un message public où elle dénonçait ces insultes. L’affaire illustre les tensions entre vie privée et communication numérique, ainsi que les risques liés au démarchage agressif sur les réseaux sociaux.

Première condamnation en urgence

Le dirigeant de Band of Brothers obtient une condamnation de Tara Heuzé-Sarmini en référé d’heure à heure, une procédure judiciaire d’urgence. Le tribunal ordonne la suppression du message public de l’entrepreneure, sans qu’elle puisse se défendre à temps. Cette décision, rendue à distance (à Douai), l’empêche de se présenter physiquement ou d’être représentée par un avocat, car la date et le lieu de l’audience lui sont notifiés trop tardivement. Le référé d’heure à heure est une procédure accélérée où le juge statue rapidement, souvent sans audience contradictoire complète. Tara Heuzé-Sarmini conteste cette condamnation, soulignant l’inéquité de la procédure.

Nouvelle procédure en appel

Tara Heuzé-Sarmini, soutenue par le cabinet d’avocats FWPA, décide de faire appel de la condamnation. Une audience est fixée au 15 octobre 2026 pour examiner cet appel. Cependant, le 2 octobre 2026, ses adversaires tentent de faire radier l’appel en organisant une audience surprise le 5 octobre à 14h à Douai. Tara Heuzé-Sarmini et ses avocats ne sont informés de cette audience qu’en fin de journée du 2 octobre, soit seulement trois jours avant la date prévue. Cette situation relance le débat sur l’équité des procédures judiciaires en ligne, où les notifications tardives peuvent désavantager les parties.

Débat sur la vie privée numérique

Cette affaire soulève une question juridique inédite : les messages privés ou les campagnes de démarchage sur les réseaux sociaux, comme LinkedIn, doivent-ils être considérés comme relevant de la vie privée ? Le harcèlement en ligne, les insultes ou les démarchages agressifs via messagerie privée sont-ils protégés par le droit à la vie privée, ou relèvent-ils de la communication publique ? Le cas de Tara Heuzé-Sarmini met en lumière l’ambiguïté des frontières entre espace privé et espace public sur les plateformes numériques, un enjeu crucial à l’ère des réseaux sociaux.

Ce que ça pourrait changer

Les commentaires des lecteurs soulignent les dysfonctionnements du système judiciaire français, notamment les procédures d’urgence (*référé*) qui peuvent être utilisées de manière abusive pour obtenir des condamnations par défaut. Certains évoquent aussi le coût élevé des procédures, même en cas de victoire, où les frais d’avocat ne sont que partiellement couverts par l’*article 700* (une disposition permettant au juge d’allouer une somme à la partie gagnante pour couvrir ses frais). L’affaire interroge aussi sur la protection des victimes de harcèlement en ligne, souvent contraintes de se défendre dans des conditions déséquilibrées.

Sujets complémentaires

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