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Droit

Acculée dans son procès, Dati s’agace et fait du Dati : « Je suis députée, ça va pas, je suis magistrate, ça va pas, je suis avocate, ça va pas… »

Nouvel Obs : Procès · mis à jour 24 sept.

Mercredi, au quatrième jour d’audience, l’ex-ministre de la Culture a été confrontée à ses incohérences, à des documents compromettants et à des questions qui fâchent. En retour, elle s’est montrée bien plus offensive que les jours précédents..

Contexte du procès

Rachida Dati, ancienne ministre de la Culture et figure politique française, est actuellement jugée pour des faits de corruption et de trafic d’influence dans le cadre d’un procès débuté le 16 septembre 2026. Ce procès se déroule au tribunal correctionnel de Paris, où elle est accusée d’avoir utilisé son influence politique et professionnelle pour obtenir des avantages personnels ou pour des proches. Le procès en est à sa quatrième journée d’audience, et les débats semblent s’intensifier, avec des questions de plus en plus précises posées par la présidente du tribunal, Claire Saas. Jusqu’ici, les audiences s’étaient déroulées de manière relativement calme, sans éclats majeurs, mais la situation évolue avec des incohérences et des documents compromettants mis en lumière.

Dati contre-attaque

Lors de cette quatrième journée, Rachida Dati a adopté une posture bien plus offensive que lors des audiences précédentes. Elle a retrouvé une diction claire et une voix assurée, contrairement aux trois premiers jours où elle semblait moins à l’aise, voire inaudible. Face aux questions pointues et aux éléments à charge, elle a réagi avec agacement, multipliant les déclarations du type « Je suis députée, ça va pas, je suis magistrate, ça va pas, je suis avocate, ça va pas… ». Cette stratégie, qualifiée de « faire du Dati » par le journaliste, vise probablement à brouiller les pistes et à rappeler ses multiples casquettes professionnelles pour justifier ses actions. Son avocat, Antoine Beauquier, l’accompagne dans cette défense, mais les débats restent tendus.

Incohérences et documents

Au cours de ce procès, plusieurs incohérences dans le parcours et les déclarations de Rachida Dati ont été soulignées. Par exemple, son rôle d’eurodéputée entre 2009 et 2019 est mis en avant par la défense pour minimiser son influence en France, alors qu’elle occupait parallèlement d’autres fonctions rémunérées. Les débats ont également porté sur des documents compromettants, dont des mandats d’eurodéputée qui pourraient révéler des conflits d’intérêts ou des activités rémunérées non déclarées. Ces éléments alimentent les soupçons de corruption et de trafic d’influence, bien que la défense cherche à relativiser leur portée.

Rôle de la présidente

La présidente du tribunal correctionnel de Paris, Claire Saas, joue un rôle central dans ce procès. Elle mène les débats avec une approche méthodique, posant des questions précises et parfois acérées pour faire avancer l’instruction. Son objectif est de clarifier les zones d’ombre dans le parcours professionnel et politique de Rachida Dati, notamment sur la période où elle cumulait plusieurs mandats et activités rémunérées. Son attitude, décrite comme ferme mais sans excès, contraste avec l’agressivité croissante de l’accusée, ce qui pourrait influencer l’issue du procès.

Ce que ça pourrait changer

Les enjeux de ce procès sont multiples. D’un point de vue juridique, il s’agit de déterminer si Rachida Dati a commis des actes de corruption ou de trafic d’influence, passibles de sanctions pénales. Sur le plan politique, ce procès pourrait avoir des répercussions sur sa carrière, alors qu’elle reste une figure influente de la droite française. Enfin, sur le plan médiatique, l’affaire suscite un vif intérêt, car elle met en lumière les pratiques de cumul des mandats et les conflits d’intérêts dans le monde politique. L’issue du procès, attendue dans les prochaines semaines, pourrait servir de précédent pour d’autres affaires similaires.

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