La coalition Trump se défait dans les sondages
Les grandes tendances politiques aux Etats-Unis à deux mois des midterms. L’article La coalition Trump se défait dans les sondages est apparu en premier sur Le Grand Continent..
Donald Trump entame son second mandat avec une popularité historiquement basse. En août 2026, seuls 33 % des Américains approuvent son action, contre 65 % qui la désapprouvent. Ce chiffre est bien inférieur à celui d’autres présidents à un stade similaire de leur mandat : Joe Biden affichait 41 % d’approbation en 2022, Barack Obama 45 % en 2010, George W. Bush 68 % en 2002 et Bill Clinton 43 % en 1994. La chute de Trump est progressive : il débutait à 47 % d’approbation en janvier 2025, avant que la désapprobation ne dépasse 50 % dès février 2025, notamment en raison de la guerre tarifaire (hausse des droits de douane) qui a provoqué une hausse des prix selon 73 % des Américains. Les données proviennent d’enquêtes Ipsos pour Reuters et d’autres instituts comme The Economist ou The New York Times, qui confirment tous cette tendance.
Contrairement à une idée reçue, la guerre contre l’Iran en février 2026 n’a pas provoqué de rassemblement autour du drapeau (phénomène où les citoyens soutiennent leur gouvernement en temps de crise). Seuls 29 % des Américains approuvaient cette intervention en mars 2026, et 64 % estimaient que l’administration n’avait pas clairement expliqué ses objectifs. Les discours de Trump, comme l’état de l’Union en février ou les commémorations du 250ᵉ anniversaire de l’indépendance en juillet 2026, n’ont pas inversé la tendance. Cette absence de sursaut national contraste avec les guerres passées, où les présidents bénéficiaient généralement d’un regain de popularité temporaire.
La baisse de popularité de Trump est particulièrement marquée chez les électeurs indépendants et hispaniques, deux groupes clés pour le Parti républicain. Entre début 2025 et l’été 2026, l’approbation des indépendants est passée de 42 % à 23 % (-19 points), tandis que celle des Hispaniques chutait de 39 % à 24 % (-15 points). D’autres catégories sont aussi touchées : les personnes sans diplôme universitaire (37 %, -11 points) ou gagnant moins de 50 000 $ par an (32 %, -14 points). Ces électeurs, sensibles à l’inflation, avaient contribué à l’élection de Trump en 2024. À l’inverse, les plus de 55 ans (-7 points) et les Blancs non hispaniques (-8 points) restent plus stables. Les États clés pour les midterms (élections législatives de mi-mandat) voient leur soutien à Trump s’effriter : 44 % en Ohio, 41 % au Wisconsin, 35 % en Arizona.
Les problèmes économiques sont le principal facteur de rejet de Trump. En août 2026, seuls 26 % des Américains approuvent sa gestion de l’économie (-16 points depuis janvier 2025), et 21 % celle du coût de la vie (-14 points). La désapprobation atteint 66 % pour l’économie et 70 % pour le coût de la vie, des enjeux considérés comme prioritaires par 48 % des électeurs. L’immigration et la sécurité, autrefois des points forts de Trump, voient leur approbation baisser modérément (38 % et 34 % respectivement). Les indépendants sont particulièrement critiques : seulement 12 % approuvent la gestion du coût de la vie par Trump, et 75 % la désapprouvent. Ces chiffres montrent un renversement par rapport à son premier mandat, où l’économie était plébiscitée mais l’immigration et la sécurité critiquées.
L’électorat fidèle à Trump, appelé MAGA (acronyme de Make America Great Again), reste très attaché au président avec 97 à 98 % d’approbation. Cependant, cette base représente une part décroissante du Parti républicain : en juillet 2026, seulement 48 % des républicains s’identifient au mouvement MAGA (contre 62 % en février 2025), et 22 % s’y reconnaissent « fortement » (contre 36 % auparavant). Cette érosion interne au parti républicain pourrait affaiblir sa capacité à mobiliser lors des midterms de novembre 2026. Les républicains modérés, moins alignés sur l’idéologie trumpiste, s’éloignent progressivement, tandis que les démocrates et les Afro-Américains restent stables dans leur opposition (4 % et 16 % d’approbation respectivement).
La chute de popularité de Trump menace les chances du Parti républicain aux élections législatives de mi-mandat (*midterms*) de novembre 2026. Les *midterms* sont un scrutin où les électeurs renouvellent l’ensemble de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, souvent perçu comme un référendum sur le président en place. Avec seulement 33 % d’approbation nationale, Trump se trouve dans une position fragile, surtout dans les *swing states* (États indécis) où son soutien est inférieur à 40 % : Ohio (44 %), Wisconsin (41 %), Caroline du Nord (40 %), Michigan (40 %), Nevada (38 %), Minnesota (38 %), Pennsylvanie (38 %), Géorgie (37 %), Arizona (35 %). Ces chiffres suggèrent que les républicains pourraient perdre des sièges, voire le contrôle du Congrès, si la tendance se maintient.

