De Casablanca à Marrakech, la tech marocaine veut décrocher les étoiles avec la Coupe du monde 2030 dans le viseur
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Le Maroc co-organisera la Coupe du monde de football 2030 avec l’Espagne et le Portugal. Ce pays d’Afrique du Nord mise sur cet événement pour accélérer sa transformation économique et technologique. Parmi les projets phares, le futur stade Hassan-II de Casablanca, en construction, aura une capacité de 115 000 places et servira de vitrine nationale. Le Maroc prépare également ses infrastructures (routes, trains, aéroports, hôtels) pour accueillir des milliers de supporters internationaux. La Coupe du monde 2030 est perçue comme un levier pour propulser le pays dans une nouvelle dimension économique et technologique, en s’appuyant sur l’innovation et les startups.
Le Maroc a lancé la stratégie Maroc Digital 2030 pour accélérer sa transformation numérique. L’objectif est de multiplier par près de 8 le nombre de startups, passant de 380 en 2022 à 3 000 d’ici 2030, avec un premier cap fixé à 1 000 en 2026. Parmi ces jeunes entreprises, le pays espère créer une à deux licornes (startups valorisées à plus d’1 milliard de dollars) et une dizaine de gazelles (startups réalisant un chiffre d’affaires supérieur à 5 millions de dollars avec une croissance de 10 à 20 % sur trois ans). En 2025, le Maroc comptait déjà 636 startups, soit quatre fois plus qu’en 2021. Le gouvernement mise notamment sur l’intelligence artificielle (IA), un secteur prioritaire pour l’avenir technologique du royaume.
Pour attirer les investisseurs, le Maroc a mis en place l’Agence marocaine de développement des investissements et des exportations (Amdie), équivalente de Business France. Cette agence promeut le pays sous la marque Morocco Now et joue un rôle clé dans la stratégie d’accélération économique. Le pays mise sur une logique de best-value (meilleur rapport qualité-prix) plutôt que de low-cost (coût minimal), en mettant en avant sa rapidité, sa stabilité politique et monétaire. Avec la Coupe du monde 2030, le Maroc connaît une accélération des investissements, avec un effet d’entraînement sur l’écosystème tech. Par exemple, le roi Mohammed VI a validé en avril 2025 l’extension de la ligne à grande vitesse (LGV) vers Marrakech, pour une mise en service fin 2029. Ce projet, chiffré à plus de 5 milliards d’euros, reliera Tanger à Marrakech en 2h40 et Rabat à Casablanca en 35 minutes.
Casablanca, capitale économique du Maroc, concentre 32,3 % du PIB national et joue un rôle central dans l’écosystème tech. En 2025, la ville a capté 75,1 % des financements et 58,3 % des opérations dans la tech marocaine, avec 108,4 millions de dollars levés via 48 transactions. Parmi les acteurs clés, CDG Invest, la branche d’investissement de la Caisse de Dépôt et de Gestion (CDG), a lancé en 2019 le programme 212 Founders pour soutenir les startups en phase d’amorçage ou de série A. Ce programme a accompagné plus de 135 startups, dont 28 ont reçu un investissement. Un campus de startups de 20 000 mètres carrés, inspiré de Station F à Paris, doit ouvrir en 2028 dans le quartier Casablanca Finance City. Ce lieu vise à attirer des corporates et des fonds internationaux, renforçant ainsi l’écosystème local.
Plusieurs startups marocaines illustrent la dynamique de l’écosystème. Chari, une application d’e-commerce B2B pour les commerçants, est devenue une fintech (entreprise de services financiers) après avoir obtenu une licence de la Banque centrale du Maroc. Elle propose désormais des services bancaires (comptes courants, cartes Visa, assurances) et a levé des fonds auprès d’investisseurs comme Orange Ventures et Y Combinator. Autre exemple, HPS (Hightech Payment Systems), fondée en 1995 à Casablanca, est une multinationale des services de paiement présente dans 13 pays. Elle consacre 12 à 16 % de ses revenus à la R&D (recherche et développement) et est cotée en Bourse depuis 2006. Ces entreprises montrent que le Maroc peut produire des acteurs tech compétitifs à l’international.
Marrakech, première destination touristique du Maroc, attire aussi les entrepreneurs tech. Réda Berrehili, entrepreneur connu de la *French Tech*, y développe *Dar Society*, une société proposant des expériences de voyage intimistes mêlant culture, gastronomie et patrimoine. Il envisage également un resort dédié au bien-être et à la longévité, avec une clinique, pour attirer des investisseurs de la *Silicon Valley*. L’*Université Mohammed VI Polytechnique* (*UM6P*) à Ben Guerir, près de Marrakech, joue un rôle clé dans cette dynamique. Ce campus de 80 hectares abrite des structures comme *1337* (école de codage inspirée de *42*) et *StartGate*, un campus d’innovation et d’entrepreneuriat. *StartGate* propose un programme phare, *The Forge*, pour incuber et accélérer des startups prometteuses sur 9 à 12 mois.

