Le conseil de ville de Montréal débattra d’une motion sur ses liens avec Israël
Projet Montréal appelle la Ville à suspendre ses liens institutionnels avec le gouvernement israélien..
Le conseil municipal de Montréal doit débattre lundi soir d’une motion présentée par Projet Montréal, le parti qui formait l’opposition officielle sous l’ancienne mairesse Valérie Plante. Ce texte propose de suspendre les liens institutionnels entre la Ville de Montréal et le gouvernement israélien, en raison de la guerre à Gaza. La motion vise à reconnaître ce que le parti qualifie de régime d’apartheid en Palestine et de génocide perpétré à Gaza. Elle demande aussi à Montréal d’exprimer sa solidarité avec les Palestiniens et les victimes civiles du conflit. Les relations institutionnelles visées incluent les invitations officielles, les voyages financés par Israël, les cadeaux ou repas offerts par des représentants israéliens. La motion sera discutée dans le cadre d’un débat plus large sur la position de la ville face au conflit israélo-palestinien, qui dure depuis des décennies.
La motion est soutenue par Montréal Anti-Apartheid, une campagne lancée lors des élections municipales de 2025. Cette organisation, cofondée par Sepideh Anvar, souhaite que Montréal aille plus loin qu’une simple suspension en rompant définitivement ses liens avec Israël. Elle réclame aussi le désinvestissement des entreprises israéliennes accusées de contribuer à l’apartheid et au génocide, ainsi qu’un soutien accru aux réfugiés palestiniens. Plus de 700 artistes, acteurs culturels et organisations québécoises, comme le Club anti-apartheid des artistes québécois, ont signé une déclaration en faveur de la motion. À l’inverse, le Centre consultatif des relations juives et israéliennes s’y oppose fermement, estimant que cette proposition risque d’aggraver les divisions et devrait laisser place à des priorités locales comme le logement ou la sécurité. La mairesse actuelle, Soraya Martinez Ferrada, n’a pas encore réagi publiquement à cette motion.
La motion s’inscrit dans un contexte de guerre à Gaza, déclenchée après des attaques du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023. Depuis, les frappes israéliennes et les opérations militaires ont causé la mort de milliers de civils palestiniens, selon les sources internationales. Des experts et des organisations de défense des droits humains, comme l’ONU, ont évoqué la possibilité de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité. Le terme apartheid désigne un système de ségrégation institutionnalisée, tandis que génocide renvoie à des actes commis dans l’intention de détruire, en tout ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux. Ces accusations sont au cœur des débats internationaux et divisent les opinions publiques, y compris au Canada. La motion de Montréal reflète cette polarisation autour du conflit.
Cette motion illustre les tensions politiques à Montréal, où *Projet Montréal*, bien que dans l’opposition, conserve une influence significative. La formation, autrefois dirigée par Valérie Plante, propose une approche plus engagée sur les questions internationales que la majorité actuelle. Le débat au conseil municipal pourrait avoir des répercussions symboliques fortes, car Montréal est l’une des plus grandes villes d’Amérique du Nord. Une suspension des liens avec Israël serait un geste politique rare, surtout dans un contexte où les gestes de solidarité avec la Palestine restent limités. Les élus devront peser le poids des symboles face aux risques de divisions accrues dans la population. La décision finale pourrait influencer d’autres municipalités canadiennes ou internationales.

