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La Vérif : les 100 000 logements par année de Charles Milliard défient les probabilités

ICI Radio-Canada · mis à jour il y a 2 h

La capacité de construire se limite à 72 000 logements par année au Québec, selon la SCHL..

Promesse électorale

Charles Milliard, chef du Parti libéral du Québec (PLQ), a annoncé lors de sa campagne électorale de 2026 un objectif ambitieux : construire 100 000 logements par année au Québec pendant son premier mandat. Cette promesse vise à répondre à la crise du logement qui touche la province. Pour mettre ce chiffre en perspective, il dépasse largement la capacité actuelle de construction du Québec, telle qu'évaluée par la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL).

Capacité actuelle

Selon la SCHL, la capacité maximale de construction au Québec, dans un scénario optimiste, est estimée à 72 134 logements par année sur la période 2022-2030. Cette moyenne est calculée sur 9 ans, avec un total de 649 206 logements construits. Pour atteindre l'objectif de 100 000 logements annuels, il faudrait donc augmenter la production de près de 40 %. Les mises en chantier ont atteint un pic de près de 68 000 logements en 2021, mais ont chuté à moins de 40 000 en 2023 avant de remonter à environ 60 000 en 2025.

Obstacles majeurs

Plusieurs freins limitent la capacité de construction au Québec. Le premier est la pénurie de main-d'œuvre : la Commission de la construction du Québec (CCQ) estime qu'il faudrait recruter 17 000 nouveaux travailleurs chaque année dans le secteur de la construction. Ce secteur était le seul au Québec où le nombre de postes vacants continuait d'augmenter en 2025. Former et intégrer autant de travailleurs prendrait plusieurs années, même avec une immigration accrue ou des réformes dans la qualification professionnelle.

Autres défis

Outre la main-d'œuvre, d'autres obstacles ralentissent la construction de logements. La capacité des usines et des chaînes d'approvisionnement est limitée, ce qui peut entraîner des retards. Les lenteurs administratives, notamment en matière de zonage, ainsi que la saturation des infrastructures municipales, compliquent également les projets. Enfin, la rentabilité et les coûts de financement des projets immobiliers jouent un rôle crucial dans la décision des promoteurs de construire ou non.

Logements modulaires

Le PLQ mise sur les bâtiments préfabriqués, ou logements modulaires, pour atteindre son objectif. Ces logements sont construits en usine avant d'être assemblés sur place, ce qui pourrait théoriquement réduire les délais et les coûts. Cependant, leur impact réel sur la main-d'œuvre et les coûts reste difficile à quantifier, car les données sur ce sujet sont limitées. Une étude gouvernementale souligne d'ailleurs que le travail en usine n'est pas une garantie absolue de réduction des coûts ou de la main-d'œuvre.

Besoins réels

Pour retrouver un niveau d'abordabilité des logements comparable à celui d'avant la pandémie, le Québec aurait besoin de construire environ 95 000 logements par année. Cet objectif est proche de celui proposé par Charles Milliard, mais reste inférieur à sa promesse de 100 000 logements. La SCHL anticipe par ailleurs une croissance faible de la construction jusqu'en 2027, ce qui rend l'objectif du PLQ encore plus difficile à atteindre.

Ce que ça pourrait changer

La Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL) est un organisme fédéral qui évalue et modélise les capacités de construction au Canada. Elle publie régulièrement des rapports sur les tendances du marché immobilier, incluant des projections de mises en chantier. Dans son scénario le plus optimiste pour le Québec, la SCHL estime que la capacité maximale est de 72 134 logements par année. Ses analyses servent souvent de référence pour les décideurs politiques et les acteurs du secteur immobilier.

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