L'UE à la recherche de nouvelles ressources propres
L'Union doit notamment financer le remboursement de son plan de relance post-Covid. Les négociations budgétaires battent leur plein, alors que la présidente de la Commission européenne prononce aujourd'hui son discours sur l'état de l'Union.
En 2021, l'Union européenne (UE) a lancé un plan de relance exceptionnel, surnommé le «bazooka» budgétaire, doté d'un montant maximal de 807 milliards d'euros. Ce plan visait à soutenir les économies des États membres après la crise liée à la pandémie de Covid-19. Cependant, selon les dernières prévisions de la Commission européenne fin août 2026, seuls 634 milliards d'euros auront été effectivement versés d'ici la fin de l'année. Environ la moitié de cette somme, soit 350 milliards d'euros, correspond aux subventions accordées aux États membres et devra être remboursée par le budget européen. L'autre moitié, correspondant aux prêts bonifiés, devra être remboursée directement par chaque État membre.
Le remboursement des 350 milliards d'euros de subventions européennes devra commencer pendant le prochain exercice budgétaire de l'UE, avec un montant annuel estimé entre 20 et 30 milliards d'euros par an. Ce remboursement repose sur la solidarité européenne, alors que plusieurs États membres font face à des difficultés budgétaires importantes. Par ailleurs, l'extrême-droite en France et en Europe critique ouvertement les contributions nationales au budget de l'UE, ce qui complique davantage la situation financière. Face à ces défis, la Commission européenne doit trouver de nouvelles sources de revenus pour financer ces remboursements sans alourdir les budgets nationaux.
Trois mécanismes de ressources propres existent déjà pour alimenter le budget européen sans dépendre des contributions des États membres. Le premier est le mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, une sorte de «taxe carbone» appliquée sur les importations de produits polluants. Le second est le marché carbone européen, qui oblige les industriels à acheter des quotas d'émissions de CO2 pour compenser leurs rejets. Enfin, la taxe plastique, en place depuis cinq ans, vise les déchets d'emballages plastique non recyclés. Ces trois outils génèrent des revenus, mais leur montant actuel est jugé insuffisant pour couvrir les besoins.
Pour renforcer les ressources propres, la Commission européenne propose d'ajouter trois nouvelles sources de revenus. La première serait une taxe sur les déchets électriques et électroniques non collectés ou non recyclés. La seconde consisterait en une contribution supplémentaire des entreprises, dont les modalités restent à définir. La troisième serait une hausse de la fiscalité sur le tabac, une mesure souvent utilisée pour équilibrer les budgets. Ces propositions visent à diversifier les recettes de l'UE et à réduire sa dépendance aux contributions nationales.
Le Parlement européen, où Ursula von der Leyen s'exprimera aujourd'hui, suggère d'autres idées pour financer le budget européen. Parmi elles figurent une taxe sur les jeux d'argent en ligne, une taxe sur les cryptomonnaies et une taxe sur les géants du numérique. Cette dernière proposition suscite des tensions, notamment avec l'Irlande, qui craint un départ des sièges sociaux de ces entreprises. L'Allemagne, de son côté, redoute des représailles de la part des États-Unis, déjà mécontents des réglementations européennes. Ces négociations s'annoncent complexes, tant sur le plan politique que diplomatique.
Le budget européen pour les prochaines années s'annonce comme un exercice délicat, à la fois sur le plan financier et politique. Les États membres, souvent en difficulté budgétaire, sont réticents à augmenter leurs contributions. L'extrême-droite en Europe remet en cause la solidarité financière au sein de l'UE, tandis que certains pays comme l'Irlande ou l'Allemagne craignent des tensions avec les États-Unis ou des délocalisations d'entreprises. Ces défis rendent les négociations budgétaires particulièrement tendues, alors que la présidente de la Commission européenne doit présenter aujourd'hui son discours sur l'état de l'Union.

